19.08.2009
0.4% pour la solidarité entre les générations
L’Assurance invalidité se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs électoraux, et il est presque certain que ce n’est pas la dernière fois. La vieille institution bien utile, parfois décriée, constitue un peu notre sécu et son trou, en langage hexagonal. Déficitaire, des mesures drastiques ont déjà été entreprises : la 5e révision de l’AI a passé le cap du référendum et la 6e est dans le collimateur. On peut déjà affirmer que la cinquième a rempli son rôle puisque le nombre de nouvelles rentes annuelles s’est stabilisé. Cette première étape essentielle dans le processus de sauvetage de l’institution est suivie maintenant par la question qui fâche : qui doit reboucher le trou ?
Aujourd’hui, la baignoire qui fuit un peu moins est dangereusement vide. 13 milliards de francs de dettes ont été accumulés au fil des années et grèvent directement le fonds AVS ; les deux institutions ont été créées ensembles et sont juridiquement liées.
Qu’on le veuille ou non, ces milliards devront être remboursés. Si rien n’était entrepris fait, l’argent serait inévitablement pris sur le ménage courant AVS/AI, c’est à dire sur les cotisations paritaires des citoyens qui travaillent. En tant que jeune permettez moi de râler. En matière d’assurances sociales, ma génération est celle qui hérite des plus mauvais comptes de l’Histoire et d’un défi démographique à vous empêcher de dormir. AVS, LPP, Assurance chômage, LAMal, toutes les institutions sociales de Suisse comptent aujourd’hui sur des actifs riches et sympas pour payer les pots cassés, et il est exclu de répudier la succession.
La solidarité a un prix, prix que les générations qui n’ont pas connu les trente glorieuses s’apprêtent à payer. Il serait profondément injuste que les actifs passent seuls à la caisse pour la dette AI. Le gouffre a notamment été creusé pendant la décennie écoulée et chacun doit mettre la main au porte-monnaie. C’est ce que propose le Conseil fédéral avec un financement complémentaire via la TVA. Passer de 7.6% à 8% de TVA pour quatre ans, c’est s’assurer que les actifs et les rentiers contribuent ensembles au renflouement de l’un des comptes les plus rouges de notre Etat. Qui s’oppose à ce financement complémentaire accepte simplement de laisser les générations actives se charger de payer seules la note.
De leur côté, les opposants au financement complémentaire font dans le simplisme : « il y a qu’à » tailler dans les prestations et la dette s’envolera comme par magie. Je fais partie de ces esprits chagrins qui voient mal l’AI devenir une entreprises super rentable, malgré les diverses révisions à venir. Tâchons déjà de réparer l’évier qui fuit avant de le transformer en puits de pétrole.
Comprenons plutôt que, même si on gelait les nouvelles rentes AI, la dette faramineuse existerait toujours et des solutions de financement devraient quand même être trouvées. C’est notre défi aujourd’hui : soit on attend et on laisse l’AVS sombrer avec l’AI, soit on prend les devants et on règle dès maintenant ce problème, histoire de ne pas laisser toutes les casseroles percées aux jeunes générations. C’est une question de solidarité intergénérationnelle et c’est pour cela que je voterai OUI le 27 septembre prochain.
10.07.2009
Les pirates au pouvoir ?
Au risque de paraître un peu râleur et ringard, je peine à m’enthousiasmer pour ce super Parti des Pirates censé réconcilier les jeunes et la politique.
Que les pirates s’installent dans un pays où le droit de référendum se concrétise en réalité lors de l’élection du parlement, je le comprends. En effet, un Français n’a pas beaucoup d’autres choix pour exprimer ses opinions pro-téléchargement que de boycotter un scrutin ou de porter son choix sur un Parti des Pirates. En Suisse, nous avons la chance de disposer d’une palette complète de droits populaires, à commencer par le droit d’initiative.
Les pirates risquent d’être déçus s’ils comptent sur les élections fédérales pour affaiblir la propriété intellectuelle suisse. S’ils obtenaient même 5% des suffrages, cela ne leur laisserait qu’une dizaine de voix au Parlement, chiffre sans doute insuffisant pour créer une majorité dans les deux Chambres. Après avoir échoué au stade du développement avec son initiative parlementaire, Capitaine Crochet se trouverait à traiter budget et comptes pendant quatre longues années, rien de bien excitant pour un vieux loup de mer.
Les pirates pourraient par contre prendre d’abordage la propriété intellectuelle avec une initiative populaire. Une telle démarche serait beaucoup plus cohérente avec leurs objectifs. Leur trésor serait enfoui ainsi au fin fond de la Constitution, immuable pour quelques années.
La route électorale est problématique pour nos institutions. Le rôle d’un élu – pirate ou non – ne se limite pas à prendre position sur un sujet précis, mais à rédiger les lois qui feront fonctionner tout le pays, à exercer la haute surveillance sur les institutions, à choisir les stratégies du pays. Facebook et le peer-to-peer ne sont pas une ligne politique globale, simplement des thématiques somme toute assez secondaires.
La route électorale est aussi problématique pour l’électeur. Chacun n’a que sa voix et doit faire un choix. Il est parfois difficile de trancher entre deux partis aux positions proches. Avec des partis monothématiques, il est carrément impossible de savoir à quel saint se vouer. Préférez-vous donner votre voix aux partisans de la dépénalisation du téléchargement ou à ceux de l’alerte enlèvement. Sachant que les élus sont désignés pour une législature, ces partis rendent illisible la carte électorale.
Il n’est par contre pas admissible de protéger des œuvres sans donner la possibilité d’empêcher leur pillage systématique. Pirater c’est voler, le slogan n’est pas tout faux. Des centaines de milliers de personnes vivent de la réalisation, de la production ou de la distribution de musique ou de films. On ne peut du revers de la main nier à l’industrie du disque un intérêt justifié à tenir la barre. Même les revenus de McCartney ne justifient pas de saborder toute une industrie. Comme souvent, la solution réside dans la nuance. L’adolescent qui télécharge quelques morceaux ne devrait jamais être inquiété. Celui qui tient à jour des serveurs permettant l’accès à des millions de titres a plus de chance d’être inquiété un beau matin.
La musique est aujourd’hui de moins en moins cher, rien ne justifie qu’elle ne devienne gratuite sans le consentement de son auteur.
Mille sabords, la succursale helvétique du Parti des pirates ouvre ce dimanche. Et avec elle, sans doute l’illusion d’un progrès technologico-démocratique.
08.07.2009
Pour un Lunabus dans la Vallée-d'Illiez
Voilà, c'est fait, la pétition a été déposée avec 285 signatures !
---------
Pétition
« Pour un Lunabus dans la Vallée-d’Illiez »
La Vallée d’Illiez compte trois commune et comptabilise plus de 7'000 habitants. A l’heure où les transports publics sont au cœur des préoccupations politiques, que la lutte contre les dangers liés à la circulation routière – notamment en matière d’alcool – et que des réflexions intercommunales sont engagées pour résoudre ces problèmes, nous invitons les communes de Troistorrents-Morgins, Val-d’Illiez et Champéry à prendre la présente mesure.
Actuellement, la dernière course AOMC en provenance de Monthey est programmée à 22.13 et à 23.30 le samedi soir. La vie sociale de nombreux jeunes de la vallée, notamment entre 16 et 18 ans, se fait à Monthey le week-end et rejoindre le domicile familial après s’être amusé relève souvent de la quadrature du cercle.
Nombreux sont ceux qui cherchent un moyen de se débarasser de l’épineuse question de l’alcool au volant et des dangers y-relatifs. De même, beaucoup de parents sont inquiets à l’idée que leur progéniture pratiquent l’autostop à des heures tardives dans notre Vallée.
Le Lunabus est une réponse intelligente et équilibrée à ces problèmes. Elle facilite la vie sociale, améliore la sécurité pour un coût moindre.
Actuellement plusieurs Lunabus ont étés mis en place dans le Valais, y-compris dans le Chablais. Tous ont rencontré un franc succès, tant chez les adolescents que chez les adultes désirant sortir sans se soucier de la délicate question de l’alcool au volant. Pour la modeste somme de Frs. 3.- il est par exemple possible de rallier Monthey – Martigny en dehors des horaires classiques des CFF.
Aussi, par la présente pétition, nous invitons les autorités de la Vallée d’Illiez à mettre sur pied un projet pilote de lunabus.
- Un trajet Monthey – Troistorrents – Val-d’Illiez – Champéry subventionné par les trois communes, dans les nuits de vendredi à samedi et de samedi à dimanche.
- Un prix du billet calculé pour couvrir au mieux les frais du bus et dans un ordre de grandeur comparable avec les prix pratiqués par les autres services de lunabus.
La présente pétition a été réalisée grâce à internet. Un groupe facebook sur le sujet réunissait environ 300 personnes le 11 juin 2009, intitulé « pour un lunabus dans la vallée d'Illiez ».
Les signataires de la pétition invitent les autorités communales à mettre sur pied un projet pilote de Lunabus dans la Vallée d’Illiez, les nuits de vendredi à samedi et de samedi à dimanche.

