07.05.2010

Les cours d’Histoire vont changer… dans toute la Suisse romande !

Apprendre et connaître l’Histoire, une victoire du PLR Valaisan

Ce matin, le Grand conseil valaisan a accepté un postulat du PLR que j’ai déposé visant à modifier le contenu des cours d’Histoire dispensés aux écoliers. Trop souvent, les programmes se sont concentrés sur l’étude d’une époque très  éloignée (préhistoire, antiquité) et ignoraient complètement l’étude des faits marquants du XIXe et XXe siècle qui influence pourtant d’une manière beaucoup plus forte et évidente notre quotidien.

L’ignorance dont souffre beaucoup de jeunes est aujourd’hui devenu un véritable handicap pour eux. Pour le PLR, il est inacceptable que des jeunes sortent de l’école obligatoire sans n’avoir jamais entendu parler des révolutions industrielles et soviétiques, des deux guerres mondiales ou encore de la guerre froide. Comment saisir la complexité du phénomène migratoire sans n’avoir jamais entendu parler de la colonisation ? Récemment, on a pu assister dans certaines régions à une montée des fanatismes de tout genre et la propagation des connaissances est certainement le meilleur moyen de lutte contre l’extrémisme.

Grâce au PLR, le Conseil d’Etat a aujourd’hui pour mission de proposer une modification du plan d’étude romand pour améliorer le contenu des cours d’Histoire. Etant donné les nouveaux accords intercantonaux, c’est en effet le programme scolaire de toute la Suisse romande qui devra évoluer pour atteindre ce standard minimum proposé par le PLR valaisan. Il reste à espérer que les Chefs de l’instruction publique romands soient suffisamment sensibles à cette question primordiale.

Le Conseil d’Etat et le Grand conseil acceptent mon postulat sur les cours d’Histoire. Le gouvernement s’engage même, étant donné que le plan d’étude est désormais romand, à travailler à une modification de tous les programmes romands !

Le postulat d'origine

La réponse du Conseil d'Etat

 

03.05.2010

Le grand réveil de la COMCO

Migros a acquis Denner. Coop a racheté Carrefour. Les cartels démantelés durant les années 1990 ont une fâcheuse tendance à laisser la place à des concentrations d’entreprises que le consommateur observe d’un mauvais œil, et avec raison.

Durant des années, on a pu constater que la Commission fédérale de la concurrence (COMCO) manquait cruellement d’ambition et de volonté d’agir. Le rejet de la fusion Orange – Sunrise reflète peut-être une heureuse inversion de tendance…

Le refus d’autoriser la fusion est réjouissant sous deux angles. Le premier concerne la primauté du politique sur les multinationales. Si le simple péquin dispose du droit d’ouvrir une épicerie ou un salon de coiffure, il ne nous est pas permis d’installer des antennes et de vendre des abonnements de téléphone mobile. En 1998, lors de l’ouverture du marché des télécommunications, l’Office fédéral de la communication (OFCOM) avait décidé souverainement que trois opérateurs se partageraient le marché du GSM et avait mis au concours trois concessions idoines, ni plus, ni moins. Swisscom, Orange et Sunrise (Diax à l’époque) ont fait le choix de se lancer dans la bataille, en connaissant par cœur les règles du jeu.

Il est extrêmement regrettable de constater que l’OFCOM était prêt il y a six mois à laisser sa politique démolie par le choix de deux des trois concurrents. Si Orange et Sunrise ne s’accommodent pas des règlementations de droit public et des décisions de l’organe régulateur, libre à eux de quitter le marché. J’ai été très surpris, pour ne pas dire déçu, de constater que le Département de Leuenberger était prêt à laisser deux multinationales dicter la politique de télécommunications de la Confédération.

Les arguments invoqués par les deux opérateurs me laissent pantois. Outre les prétendues économies d’échelles que les opérateurs pourraient réaliser en fusionnant (qui justifient aussi les plans quinquennaux et les kolkhozes), les deux sociétés invoquent les possibilités d’investissements plus importants en se regroupant. Orange et Sunrise, qui sont tous les deux des géants européens de la télécommunication, se plaignent de ne pas disposer de la masse critique pour procéder à des investissements massifs en Suisse. Est-ce qu’ils se moquent de nous ? J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je n’arrive pas à comprendre comment ces mêmes entreprises parviennent à équiper des anciens pays de l’URSS en quelques mois mais ne peuvent pas consentir aux investissements dans un marché géographiquement petit mais riche et accro aux nouvelles technologies comme la Suisse, de surcroît dans lequel ils peuvent se permettre de pratiquer des tarifs exorbitants en comparaison internationale.

En fusionnant, Orange et Sunrise s’assurent avant tout une « concurrence tranquille » face à Swisscom, impliquant une diminution du coût des investissements et la garantie de ne pas trop bousculer le marché. Nous pouvons aujourd’hui espérer que la COMCO agira avant autant de célérité dans d’autres circonstances, pour éviter que les consommateurs ne soient trop souvent pris dans la tenaille de duopoles que l’on pourrait presque qualifier de nouveau modèle économique helvétique.

01.04.2010

L’art d’enfoncer des portes ouvertes

La volonté du Parti évangélique « d’ancrer » dans notre constitution l’héritage chrétien de la Suisse revient à ajouter une banalité supplémentaire à une charte fondamentale déjà passablement indigeste. Il est évident que notre pays est héritier de la tradition chrétienne, personne n’en a jamais douté, même les plus fervents partisans d’une stricte séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans le même ordre d’idées, on pourrait aussi inscrire dans le texte fondamental l’affirmation que la terre est ronde ou alors le principe de l’utilisation du système métrique.

 

La Constitution n’est pas une statue ou un mémorial, c’est un texte de loi que l’on applique au quotidien dans une multitude de domaines. La portée d’un tel article constitutionnel semble de prime abord bien limitée. Il convient de donner une définition à l’héritage chrétien afin de comprendre un peu mieux les éventuelles conséquences concrètes d’une telle modification constitutionnelle.

 

D’un point de vue politique, la chrétienté s’exprime par les valeurs que nous partageons dans le monde occidental. La tolérance, l’amour de son prochain, le pardon ou le libre arbitre sont autant d’héritages chrétiens grâce auxquels lesquels la conception moderne de l’Etat s’est développée. Notre Suisse solidaire, respectueuse de l’individu et garantissant nombre de libertés est l’expression même de ces valeurs chrétiennes.

 

Contrairement à ce qu’affirment les auteurs de l’initiative, l’héritage chrétien ne saurait se résumer au lrucifix accroché au-dessus du tableau noir aux cloches à Pâques ou aux chants de Noël. S’il fallait vraiment affirmer un peu plus les valeurs chrétiennes dans la Constitution, il conviendrait certainement de revoir l’article sur les minarets qui n’est pas véritablement ce que l’on a fait de mieux en matière de charité chrétienne.

 

En réalité, ancrer l’héritage chrétien dans la constitution relève d’un objectif pas très catholique : vexer tout ceux qui ne s’affirment pas chrétiens. Athées, agnostiques, musulmans, bouddhistes, considérez-le pour dit: vos croyances sont tolérées mais considérées comme secondaires, il aura été décidé qu’elles ne font pas partie de notre héritage culturel. La laïcité n’a jamais eu pour but de renier notre passé et nos valeurs, mais permet d’assurer une certaines stabilité entre les religions. L’initiative projetée est au contraire la négation de ce principe.

 

La Suisse s’est construite sur la résolution d’une guerre de religions. Il semble que nos vieux démons nous rattrapent aujourd’hui. Au XIXe siècle, c’est une laïcité forte qui avait permis d’éviter que le conflit ne se rallume. « Ancrer » dans la constitution les valeurs chrétiennes n’est qu’un moyen de souffler sur les braises réapparues un certain 29 novembre 2009.

 

Cette initiative révèle enfin un grand manque de confiance. Celui qui vit harmonieusement sa foi ne sent pas la nécessité d’aller l’inscrire dans sa constitution. Je crois en Dieu et je suis catholique, je ne me sens pas pour autant le besoin de le crier sur les toits, de récolter des signatures et faire voter le peuple pour m’en convaincre.

 

Publié dans 24 Heures, le 31 mars 2010