06.03.2008
Ca ne me regarde pas !
Je suis aussi américain que fan de Britney Spears : autant dire que la politique américaine n’est pas mon problème. Ca ne me regarde pas, et pourtant, difficile d’y échapper ces jours. Evidemment, il est assez compliqué de se faire une idée du fonds du problème puisque notre presse ne nous informe – grosso modo – que des phrases assassines entre candidats et des résultats des caucus et des primaires. Pour nous, Suisses, suivre l’élection américaine, c’est un peu comme s’intéresser à la Superleague en se contentant des déclarations de Christian Constantin et des scores de fin de match.
Pourtant, beaucoup suivent ce pari mutuel urbain américain, moi le premier. Et je vous donne mon pronostique, pour le côté démocrate ; la course républicaine étant terminée. D’ailleurs, pour détourner un vieux slogan, McCain, c’est celui dont on parle le moins qui en mange le plus, des délégués bien sûr.
Aucun des candidats ne peut plus obtenir la majorité absolue en comptant seulement sur les « pleged delegates », il faudra le soutien des « super délégués » qui, en grands garçons et grandes filles, ont le privilège de voter comme ils veulent. Sans vouloir m’étaler, je pense que le candidat qui remportera un maximum de simples délégués remportera aussi l’avantage général. Tout simplement parce qu’il aura besoin de moins de super délégués et parce que ceux-ci se positionneront plutôt en faveur du candidat qui aura remporté le meilleur score auprès de la base démocrate, par soucis de remporter l’adhésion des électeurs démocrates en novembre.
Obama a actuellement, en gros, 100 délégués d’avance sur Hillary. Elle en aurait gagné entre 12 et 20 de plus que son concurrent lors des quatre élections de mardi, et il reste 12 primaires. J’ai trouvé un site intéressant qui nous permet de calculer la répartition des délégués en fonction du résultat que chacun ferait dans ces derniers Etats. Ces chiffres sont évidemment approximatif, le système de calcul reste assez compliqué.
Alors je fais plusieurs calculs. Je commence par prendre les quelques sondages que l’on trouve sur Internet pour se faire une idée du résultat que chaque candidat pourrait faire lors des prochains rounds. Je donne les deux candidats à 50/50 pour les Etats où aucun sondage n’est disponible. J’arrive à une victoire de 1'651 à 1'562 pour Obama.
Donc ce scénario est favorable au sénateur de l’Illinois. Que faut-il pour que Hillary Clinton gagne l’élection. Je m’amuse de nouveau avec ce petit programme sur internet, et j’arrive à un résultat pas très réjouissant pour elle. Hillary Clinton aurait 3 délégués de plus qu’Obama si elle obtenait… 62% à chacune des douze prochaines primaires, score qu’elle n’a atteint qu’une fois, en Arkansas. ! Avec son avantage actuel, l’homme bat la femme même en perdant toutes les autres primaires malgré 22% de retard…
Autant dire qu’il paraît mathématiquement impossible pour l’ancienne première dame de trouver dans les « pleged delegates » un soutien majoritaire. Il lui reste alors les super délégués, mais comme évoqué précédemment, je ne crois pas qu’elle puisse obtenir leur appui sans celui de la base démocrate. D’autant plus que les sondages donnent un avantage à Obama contre McCain, ce qui jouera un rôle dans le choix des supermen démocrates.
Par conséquent, je parie un cheeseburger sur Obama.
PS : je vous donne l’adresse du site pour que vous puissiez calculer vous-même : http://www.slate.com/features/delegatecounter/
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04.03.2008
Chaînes nationales, langues nationales
La Suisse compte quatre langues nationales, trois officielles. Ce constat fait fréquemment notre fierté, avec raison. L’allemand est la première langue d’Europe, le français la seconde. L’italien, loin d’être en reste, constitue encore une des grandes langues du continent. Nous bénéficions ainsi d’un argument important dans nos relations internationales : une population capable de communiquer avec les plus grands du continent.
Entre nous, peuples linguistiques de Suisse, la règle fédérale veut que chacun s’exprime dans sa langue, l’autre devant au moins comprendre les autres langues officielles. Cette habitude, excellente à priori, révèle souvent un problème de poids : s’il est aisé pour les alémaniques de comprendre le français, après des années d’apprentissage de la langue, il l’est beaucoup moins pour les romands vis-à-vis de leurs collègues germanophones.
Vous l’avez compris, je veux parler du problème que pose le Suisse allemand comme langue utilisée partout outre Sarine alors que la langue apprise par les Romands et les Tessinois est l’allemand. Ce problème se reflète particulièrement dans les médias. Si la presse écrite reste en général en Hochdeutsch, les médias audiovisuels sont diffusés pour l’essentiel en Suisse-allemand. Ce constat s’est renforcé après une année passée sur les bancs de l’université de Zürich : si je peux lire avec difficultés la NZZ, il m’est carrément impossible de suivre une émission de la DRS1.
L’article 24 de la LRTV fixe le mandat de la SSR. On peut notamment y lire l’objectif de « compréhension, de cohésion et d’échange entre les différentes communautés linguistiques du pays ». Comment voulez-vous que cet objectif soit atteint si, à l’exception des bulletins d’information, les émissions sont en Schwytzerdütch ? Le bagage acquis à l’école devrait, du moins théoriquement, nous permettre de comprendre un minimum les DRS et les SF. En privilégiant systématiquement le dialecte, cet objectif ne peut être atteint. Que les chaînes privées parlent dans la langue de leur choix m’importe peu. Mais, par soucis de cohésion nationale et de respect de son mandat, on devrait réclamer que le service public soit diffusé dans la langue que tous les Suisse apprennent, soit l’allemand.
J’ajouterai encore que ce même article stipule que la SSR a pour mandat de fournir un service dans les trois langues nationales. De nouveau, j’ai beau tourner dans tous les sens l’article 4 de notre Constitution, la langue nationale reste l’allemand, pas le Suisse allemand. En nous proposant des débats, des reportages et des magazines exclusivement dans le dialecte, la SSR ne remplit pas son mandat, et c’est une perte importante pour nous, Suisses Romands et Tessinois qui ne pouvons pas observer notre pays par les médias publiques de 70% de nos confédérés. Dommage.
14:17 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.01.2008
Armes, chiens et 4x4 : tout n’est pas liberté fondamentale
Ces dernières années, plusieurs associations sont sorties du bois pour opposer le principe de la liberté personnelle à diverses interdictions. Cette sacro-sainte liberté devrait – selon elles - permettre au citoyen de s’acheter le véhicule le plus polluant du marché, de posséder la race de chien la plus dangereuse ou de disposer d’un arsenal complet dans son grenier.
Peut-on, on nom de la liberté personnelle, revendiquer le droit de disposer d’une arme à feu sans raison objective ? Les récents faits divers qui ont vu la mort de plusieurs personnes dans des circonstances particulièrement macabres nous forcent à nous poser la question de la légitimité d’une telle revendication. De la même manière, face aux défis environnementaux mondiaux, l’Etat peut-il envisager de restreindre quelque peu l’accès aux véhicules polluants, au regard des libertés fondamentales ?
Sur la thématique des armes, les arguments des milieux opposés à l’initiative socialiste “Pour la protection face à la violence des armes” revendiquent ces libertés fondamentales pour justifier une forme de rapport de confiance entre l’Etat et le citoyen. Ainsi, retirer l’arme à ceux qui n’en opposent pas un usage réel devrait être taxé de mesure liberticide. Les problèmes soulevés sont pourtant bien réels : 300 morts par arme à feu en Suisse chaque année, cela n’est pas anecdotique.
Du point de vue de la liberté personnelle, la situation actuelle n’est pas acceptable. On ne peut raisonnablement accepter que des femmes, des hommes ou des enfants risquent de périr sous le tir d’un dérangé. Si nous voulons empêcher du mieux possible ce genre de drames, l’action étatique peut suivre deux voies : soit une restriction de l’accès au moyen de tuer, soit un traitement psychiatrique de toute une population susceptible, sur un coup de tête, de commettre l’irréparable. La liberté personnelle implique un certain droit à la vie avant un hypothétique droit à l’arme de service. Cette évidence trouve son application dans de nombreux domaines : la lutte contre la drogue s’appuie, par exemple, sur ce principe. Les opposants à l’initiative craignent un fichage de la population. Une rapide pesée des intérêts en question nous montre combien cette crainte est déplacée. Ce sont les armes qui seront fichées, pas les citoyens. L’affaire des fiches, qui a ébranlé la classe politique au début des années 1990, concernait un contrôle de l’Etat sur les individus selon leurs convictions. Si on suit à la lettre la prescription des opposants à l’initiative qui demandent un meilleur contrôle psychiatrique des détenteurs d’armes, nous nous dirigerons alors vers un fichage autrement plus dangereux : imaginez l’Etat contrôler la santé mentale de centaines de milliers d’individus ! L’Etat dispose aujourd’hui d’un registre des véhicules et des chiens. Ce contrôle ne constitue certainement pas une restriction grave de nos libertés fondamentales.
La même question se pose pour les mesures de contrainte envisagées vis-à-vis des véhicules les plus polluants. Plusieurs associations arguent que le citoyen sans 4x4 est un citoyen auquel on a limité de manière scandaleuse l’exercice de ses droits fondamentaux. Une fois de plus, une pesée des intérêts entre une population qui subit les nombreux problèmes liés aux pollutions atmosphériques et le plaisir individuel de circuler dans un Hummer ne joue pas en faveur de ce dernier. Pour les mêmes raisons, quand on a réalisé que la fumée était nocive, on a commencé à créer des zones séparées dans les lieux publics afin que ceux qui fument puissent le faire sans mettre en danger la santé des autres. Enfin, la question des molosses, souvent évoquée, nous permet aussi de distinguer le plaisir de posséder un chien dangereux de la gêne considérable occasionnée par une morsure gravissime.
Il surprenant de constater que les groupes créés pour défendre ces soi-disant libertés fondamentales ne s’inquiètent d’autres restrictions bien réelles aux libertés, que l’on envisage à tort et à travers. Je n’ai pas vu les défenseurs des 4x4, des armes ou des molosses s’émouvoir des propositions de couvre-feu avancées par les mouvements conservateurs de ce pays. A-t-on vu ces passionnés altruistes de nos droits fondamentaux se lever pour réclamer un débat sur la mise en place d’une loi cadre pour la vidéo-surveillance dans les lieus publics ? Restreindre la liberté de mouvement aux jeunes au-delà d’une certaine heure - comme cela a récemment été décidé dans un certain nombre de communes - constitue un acte véritablement liberticide. Sans vouloir minimiser les actes de vandalisme, ceux-ci ne représentent pas une menace aussi grave qu’un voisin armé jusqu’aux dents avec le soutien de notre législation fédérale. Les vrais libéraux de notre pays devraient bien plus s’inquiéter des petites restrictions que l’on applique à la liberté personnelle du plus grand nombre, que de chercher à permettre à quelques individus de jouir de leur liberté avec pour seules limites celles de leur imagination, sans se soucier des conséquences pour les autres. Mais tous les graffitis du monde ne vaudront jamais la vie d’une mère de famille emportée par la folie passagère de son mari. Il est temps de nous rappeler ce que signifie les termes de liberté personnelle.
On voit ici la frontière entre une pensée libérale accompagnée d’éthique et de respect, et une pensée de type libertarien. La première cherche à garantir la liberté de tous sur le long terme, alors que la deuxième recherche la liberté la plus immédiate et absolue, sans se rendre compte que cette vision est hautement égoïste et qu’elle est éphémère : car quand leur enfant se sera fait mordre par un chien ou souffrira de problèmes de santé à cause des particules fines, les adeptes du court terme comprendront leur erreur.
Enfants, nous apprenions que la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres. Bien que cette phrase résonne aujourd’hui pour beaucoup comme une banalité, elle mérite encore qu’on y médite : les enjeux qu’elle porte vont bien au delà de ce que nous pouvions nous représenter sur les bancs d’école.
Coécrit avec Antoine Verdon
Publié dans Le Temps, le 11 janvier 2008
19:59 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
03.01.2008
Interprétations
La nouvelle photo officielle du Conseil fédéral est censée montrer que le collège est issu du peuple. Jolie métaphore quand on pense aux salves lancées par l’extrême droite réclamant l’élection de notre gouvernement par le souverain. Une manière de montrer de casser l’utilisation abusive que certains font de ce fameux mot, « le peuple ». Je trouve cette interprétation un peu courte et je me plais à en proposer d’autres.
Le Conseil fédéral ne regarde pas dans la même direction que le reste de l’assemblée. C’est là une bonne illustration de l’expression « les sept sages » : le courage politique impose parfois de ne pas suivre benoîtement les masses et de savoir s’affranchir de l’opinion publique ; les élus sont les seuls à oser regarder le spectateur dans les yeux.
Sinon. Le Conseil fédéral ne parvient pas à convaincre la moindre personne que sa voie est la bonne. Ça regarde dans tous les sens, tous sauf celui qui compte pour notre gouvernement…
Ou encore. Le Conseil fédéral n’intéresse plus personne. Vous connaissez sans doute la blague de Gaston Lagaf qui regarde en l’air dans la rue : tout le monde s’arrête et regarde dans la même direction, confiant dans le regard du comique de bande dessinée. Et bien là, non, personne ne se demande ce que le Conseil fédéral fixe.
Ou même. Le Conseil fédéral est le seul à fixer le spectateur. Il tient à sortir du lot. Un clin d’œil à la supposée vanité des politiciens ?
En tout cas. Le Conseil fédéral ne regarde ni à gauche ni à droite. Il sait faire fi des querelles partisanes pour se placer au-dessus de la mêlée et remplir son rôle essentiel : gérer notre Etat.
Je l’accorde, toutes ces interprétations sont un peu tirées par les cheveux. Ma préférée, en bon fan du groupe britannique « Oasis », reste que cette photo est la preuve que notre gouvernement écoute avec plaisir le son des guitares anglaises. Pour les non connaisseurs, la pochette du single « Do You Know What I Mean ? », sorti en 1997, est frappante de similitude avec la nouvelle photo officielle, la couleur en moins. Dans le fonds, cette photo me fait penser que malgré leur sagesse, leurs âges ou leur vision d’avenir, nos Conseillers fédéraux ont su rester rock’n’roll. Et ça, c’est vraiment sympa.
16:36 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.12.2007
UMP au chocolat
L’élection du Conseil fédéral a créé de nouvelles opportunités pour le centre-droit : l’UDC n’est plus le partenaire nécessaire qu’elle a pu être, les esprits peuvent enfin se calmer.
Le contexte dans lequel nous vivons me rappelle un certain 21 avril 2002. Au soir de l’élection présidentielle, le FN, malgré un score impressionnant ne concrétisait pas l’exploit au deuxième tour de la présidentielle. En revanche, la droite libérale avait enfin compris qu’une vase alliance s’imposait pour lutter tant contre l’extrême droite que contre la gauche.
Nous avons besoin désormais d’une alliance durable au parlement qui assure que les quatre années à venir ne soient pas trop amochés par une bande d’excités dans l’opposition. Pour ce faire, une plate-forme type UMP doit être envisagée entre le PDC, les Radicaux, les Libéraux et… l’UDC modérée. Aux Conseil des Etats, avec au minimum 27 membres, la droite libérale disposera à elle seule de la majorité absolue. Au Conseil national, sans avoir la majorité, la plate-forme disposerait quand même d’environ 75 sièges, ce qui en ferait la première force du parlement. Bref, la vie politique sera dirigée par ces quelques partis différents de nom, mais du même avis dans la plupart de cas.
Cette opportunité ne doit pas se perdre. La Suisse n’est pas de gauche, quoi qu’en disent certains allumés. Il faut veiller à ne pas laisser le centre-droit disloqué et perdre toute son importance. Si les radicaux et libéraux restent seuls, leur 35 sièges ne serviront que d’appoint à d’autres forces politiques. Alliés, nous deviendront les véritables leaders de ce pays et pourrons continuer la politique que nous menons depuis longtemps et qui a apporté, mine de rien, pas mal de choses à cette Helvétie aimée mais secouée. Cette alliance doit se concrétiser par une plate-forme de communication. Nous ne pouvons nous permettre d’être amis un jour et tirer la couverture à nous le lendemain. Le fruit d’une telle politique joue trop le jeu des forces polarisées et finira par abattre le centre-droit.
15:44 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.11.2007
La Suisse s'ennuie
Je veux aussi participer à l’hystérie face à l’explosion de la délinquance juvénile. Ces derniers jours, on a rien trouvé de mieux à faire que de taper de toutes nos forces sur les jeunes ; vous savez, ceux qui laissent les pieds sur les sièges dans le train et qui écoutent de la musique trop fort à l’arrêt de bus.
A en croire les médias on assiste à une hausse sans précédente de la violence, un peu comme dans les banlieues françaises. Certains proposent un couvre-feux, d’autres un uniforme obligatoire, des caméras de sécurité partout… On entend que la tolérance zéro sera appliquée à l’encontre des taggeurs.
Récapitulons. Nous sommes en 2007. On se plaint de la fumette, des tags, des bagarres, des incivilités. On a inventé tout ça depuis l’an 2000 ? Souvenez-vous comme c’était mieux avec les punks, les hippies, les junkies, les soixante-huitards, les skinheads…
Oui, il y a des jeunes délinquants. Rappelez-vous seulement les discours que vos parents tenaient sur ces punks et ces hippies. Nous n’inventons rien. J’ai cependant un peu de peine à admettre que l’on assouvisse notre désir d’ordre par des mesures qui s’appliquent uniformément à tous les jeunes, délinquants ou non. Pour quelle raison devrait-on suppléer aux parents en imposant un couvre-feux à 22 heures pour tous les enfants de moins de 16 ans ? En dehors d’une hypothétique lutte contre le mauvais goût, qu’est-ce qui justifie l’imposition d’un uniforme dans les collèges ? Je suis sans doute un criminel aux yeux de ces politiciens vertueux : j’avoue qu’avant 16 ans (peut-être même à 14 ans), j’étais sorti jusqu’à minuit pendant mes vacances d’été, j’avais bu de la bière et j’avais même fumé une cigarette. Mais que pouvait donc bien faire la police, s’il vous plaît ?
Si nous voulons vraiment rétablir un semblant de sécurité, nous pourrions revoir certaines peines à la hausse (comme fixer une peine plancher pour les meurtres), ou appliquer réellement le Code pénal pour ceux qui commettent des infractions ; mais ne punissons pas ceux qui n’en commettent pas. Il ne s’agit même pas de présomption d’innocence, mais de présomption de potentialité de délit.
D’où peut bien venir cette soudaine crainte de la criminalité ? Je n’ai pas l’impression qu’elle explose, pourtant je sors, je fais la fête, je fréquente même des jeunes… et pourtant. Je commence à croire que la Suisse s’ennuie. Il y a quelques jours, je regardais le défilé des voitures à Collombey. L’embouteillage s’étendait sur presque un kilomètre. Pour quelle raison ? Simplement parce qu’un distributeur allemand a acheté un hangar dans une zone industrielle pour y exposer des aliments en palettes. Aldi était l’événement du week-end. Alors forcément, je peux comprendre qu’on doive se raconter des histoires, s’imaginer avoir les mêmes problèmes que les Français et rêver qu’un Sarkozy viendra nous sauver. En France, on manifeste pour des questions salariales. Ici, pour soutenir une maison en paille. La Suisse va bien, mais qu’est-ce qu’elle s’ennuie !
09:25 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
04.11.2007
Adhérons. Vite, très vite.
Le Conseil fédéral veut introduire le fameux principe du Cassis de Dijon. En bon libéral, je ne peux qu’approuver : reconnaître unilatéralement l’ensemble des produits européens sans leur soumettre de restrictions liées à des normes, à quelques exceptions près. Cette décision revient à reconnaître que le droit européen s’applique en Suisse sans même passer par la case Assemblée fédéral, cette chambre d’enregistrement des décisions de Strasbourg.
Oui, le Cassis de Dijon provoquera une pression à la baisse sur les prix à la consommation. Le citoyen devrait en tirer d’immenses avantages. Quelques entreprises helvétiques exportatrices y trouveront des défauts, mais je ne doute pas que des aménagements sauront être trouvés pour adoucir la mesure.
Le gros problème de ce fameux principe, c’est l’asservissement qu’il provoque. La perte de notre indépendance. Il montre que plus nous restons en dehors de l’Europe, plus nous en devenons le satellite.
Chers compatriotes, réveillez-vous ! Ceux qui vous disent que l’Europe, c’est la fin de notre tradition démocratique, la fin de nos institutions ou la fin de notre indépendance se moquent de vous. Ce sont des menteurs – ou des idiots.
Nous perdons notre indépendance quand nous devons appliquer le dictat de Bruxelles. C’est exactement ce qui nous arrive depuis 1992. Depuis que nous devons trouver des emplâtres pour nos jambes de bois, depuis que nous avons décidé que, finalement, il valait mieux obéir que de décider.
Cette expression, souvent reprise du dictat de Bruxelles, correspond assez bien à la situation actuelle. Nous allons sans doute devoir faire des concessions sur la question fiscale. Nous abandonnons pratiquement notre pouvoir réglementaire en matière économique avec le Cassis de Dijon. Si nous étions membres ? Nous aurions 14 élus sur 750 au Parlement européen, un sur 28 au Conseil de ministres, et un sur 28 à la Commission. C’est à peu près le poids de Schwitz dans la Confédération. Même si ce n’est pas énorme, je n’ai pas souvent entendu parler du canton primitif comme un canton asservi et qui avait perdu sa souveraineté.
Bref, tout ça pour dire, adhérons. Vite, ça presse, avant que toutes les décisions importantes n’aient été prises.
20:23 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
18.10.2007
PS - UDC: Même combat
On a pu croire, à tort, dans cette campagne que le Parti socialiste n’était pas un parti qui prenait les gens pour des idiots. La dernière affiche du parti prouve le contraire.
Cette affiche, que l’on peut trouver sur nos murs est explicite « Pour qui allez-vous voter ? » A cocher : « UDC ou PS » avec un lien vers leur site la-decision.ch.
Je vois deux raisons principales de s’opposer à ce genre de promotion. Tout d’abord, le choix ne se limite pas entre UDC et Socialistes. Il existe beaucoup d’autres partis, dont deux gouvernementaux, qui sont complètement laissés pour compte dans cette propagande. Ces partis sont importants et ne méritent pas d’être éliminé du jeu politique. C’est à croire que les socialistes souhaiteraient le retour du système majoritaire. Dans le fonds, pourquoi pas : il suffit de voir la représentation de la chambre des cantons pour comprendre que ce mode d’élection favorise surtout le centre-droit (29 sièges sur 46 partagés entre PDC et Radicaux). Ce que fait le PS avec son affiche, c’est simplifier le débat, réduire la politique à un combat entre deux partis minoritaires, un peu comme quand l’extrême droite réduit les questions à un débat pour ou contre les abus.
Le second point intéressant est de voir les connivences de fait entre les deux plus gros partis suisses. La montée de l’UDC et ses provocations aident le PS à se positionner. Plus l’UDC engrangera de voix, plus le Parti socialiste pourra profiter de cette situation pour s’attirer de nouveaux électeurs. L’UDC procède de la même manière, en attaquant systématiquement la gauche sans tenir compte de l’existence de la droite.
J’arrive à la conclusion que les vrais ennemis politiques du PS et de l’UDC sont les partis du centre-droit. Si nous n’existions plus, que le monde serait beau ! Finie la concordance, bienvenu dans le monde de l’alternance. A se tirer dessus, on peut crier de vraies professions de foi sans nécessité de tenir compte du bien public. Chacun à son tour, UDC et PS pourront se partager le pouvoir.
Nous sommes donc niés. Nous ne comptons plus. Chers Socialistes, que le monde serait plus simple si nous n’existions pas. Tout comme il serait pratique que les étrangers n’existent plus pour l’extrême droite. La réalité est malheureusement plus complexe que cela. Et nous ne mourrons pas sans nous battre. Promis.
11:45 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.10.2007
Fin de campagne
Même s’il reste une semaine, c’est la fin de la campagne. Beaucoup ont déjà fait leur choix, la plupart ont déjà voté.
Les quelques mois qu’ont durée cette course furent ponctués par des annonces, des affiches, des débats. Plusieurs regrets, parmi lesquels le fait que l’on ne commence que maintenant à parler de sujet importants. Un autre, le fait que l’on n’aie pas pu mieux développer les points de vue radicaux et libéraux. Des plaisirs aussi, comme cette charmante dame qui m’annonce dans la rue m’avoir accordé un suffrage, ou ces dizaines de jeunes qui ont adhéré à notre mouvement suite à notre travail.
Avec mes quatre colistiers, et mes amis des listes apparentées, nous avons battu la campagne de toutes nos forces, avec conviction, parfois dans le vide, mais aussi – et c’était souvent le cas – pour convaincre des gens que la solution ne résidait pas forcément aux pôles de la politique. J’espère que ce travail trouvera un reflet dans les résultats de dimanche prochain. Nos quatorze candidats ont bien travaillé, étaient compétents et on su porter l’image d’un libéralisme humain dont je suis fier.
On peut s’attendre à une défaite du centre. Les PDC, PRD et Libéraux devraient rester au-delà des 30%. Cela reste insuffisant et j’espère que nous ouvrirons les yeux et créeront un vrai parti populaire de centre-droit, un parti libéral qui le mérite. J’étais invité en 2003 sur le plateau de la TSR pour commenter les résultats. Avec bien d’autres, je plaidais pour une alliance de ce type. Je parie que les discussions seront les mêmes dimanche prochain. Il faudra maintenant dépasser les simples déclarations pour faire quelque chose. Je compte là-dessus sur une nouvelle génération de politicien, dont j’espère faire partie.
Amis PDC, plutôt que de nous quereller à savoir qui aura battu l’autre, travaillons à ce que l’UDC et les Socialistes réunis ne cumulent plus une majorité absolue aux chambres.
Merci à tous de vos commentaires sur ce site et à très bientôt pour de nouvelles aventures !
19:41 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.10.2007
Médias et service public
Le financement des médias dits publics a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois. La question de l’augmentation de la redevance pour la SSR a fait beaucoup de foin et c’est compréhensible.
La redevance TV représente 700 millions de francs pour 330 millions de recettes commerciales. Peut-on vraiment dire que les deux tiers des programmes de la TSR sont qualifiables de « service public » ? Est-ce normal qu’une part importante de la redevance serve à la diffusion de séries ou de jeux télévisés dont le rôle de service public est moyen ? Non, je ne le crois pas.
Le système fonctionne assez bien pour la Première : les émissions sont de qualité, la publicité quasi inexistante. Les autres chaînes, c’est une autre histoire.
Bref, une petite idée à débattre ici. Plutôt que de financer les chaînes, si on finançait les émissions ? L’enveloppe budgétaire resterait, mais ne serait pas limitée aux entreprises publiques. Chaque chaîne pourrait proposer des émissions de « qualité » qui remplissent un rôle de service public et se verraient subventionnées en fonction de l’intérêt public qu’elles apportent. Au lieu de financer la diffusion de « Lost », on pourrait aider Léman Bleu pour son excellente émission « Genève à chaud », ou Canal9 pour ses débats politiques. Le système n’est certes pas idéal, surtout pour un libéral, mais malgré tout plus satisfaisant que l’actuel.
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