15.01.2010

Déductions fiscales: la famille traditionnelle en question

Les déductions fiscales permettent de transcrire une réalité économique sur la déclaration d’impôt ou, au contraire, de comptabiliser un élément virtuel à des fins incitatives. La dépense d’acquisition du revenu, soit le franc investi pour générer le suivant, est la première de ces réalités économiques. En toute logique, le parlement fédéral a reconnu récemment que les frais de gardes des enfants constituaient une dépense d’acquisition du revenu déductible : quand deux parents travaillent, il faut bien trouver à garder ses enfants quelques heures par jour.

 

Certains demandent aujourd’hui que cette déduction soit aussi accordée aux parents qui font le choix de garder eux-mêmes leurs enfants. Idée sympathique qui sent l’égalitarisme à plein nez, mais difficilement justifiable.

 

La déduction forfaitaire proposée de 10'000 frs. par an ne correspondant par définition à aucune dépense concrète, elle doit certainement être conçue comme une mesure incitative. Mais incitative de quoi ? Est-ce un moyen de favoriser le modèle familial « traditionnel » : maman aux fourneaux et papa au boulot ?

 

Je tire mon chapeau à ces femmes qui se sacrifient pour leurs enfants. Il n’est cependant pas forcément de bon augure que trop de citoyens abandonnent toute velléité de carrière professionnelle au nom de la famille. Non que je conspue la famille, mais plutôt que je me méfie des visions nostalgiques qui aboutissent à vivre dans un monde chimérique.

 

Cette soif de famille traditionnelle repose sur une vision moralisatrice et dogmatique de notre société. Quand 50% des mariages ont pour finalité le divorce, il est irresponsable d’encourager les mères de famille à se déconnecter du marché du travail. Celui qui abandonne sa carrière pendant les dix à quinze ans que prend l’éducation d’une petite famille contribuera certes à élever la nouvelle génération, mais se marginalisera complètement des exigences de l’économie. Sachant combien il est périlleux de se reconvertir après une longue activité au sein d’une même entreprise, on imagine les difficultés d’une réinsertion après 15 ans à élever des enfants.

 

Pousser les femmes à rester à la maison revient à les condamner à se retrouver un jour démunies face à un marché du travail en perpétuelle évolution. C’est condamner une partie des citoyennes divorcées à la précarité. Parallèlement, c’est la situation des pères qui prend aussi un coup : le droit civil veut que les époux séparés s’entraident, même après le mariage. Et quand on sait que deux ménages coûtent fatalement plus cher qu’un…

 

Cette déduction fiscale proposée ne valorise en rien le travail des mères de famille. Dix mille francs l’an, c’est encore moins bien payé qu’avocat stagiaire ! Belle valorisation du travail de nos mères qui ne comptent jamais leurs heures. Cette défiscalisation forfaitaire n’apporte aucune valeur ajoutée à l’expérience d’une mère pour retrouver un emploi en cas de coup dur. Elle ne fait qu’encourager les familles à adopter un modèle qui a fait ses preuves dans une autre société, celle qui prévalait avant la guerre, quand on comptait une poignée de divorces par année en Valais. Non que le modèle traditionnel soit désuet, mais qu’il n’est plus adapté à la moitié de nos familles. Encore faudrait-il savoir quelle moitié.

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Commentaires

On pourrait comprendre à votre billet que vous êtes un grand défenseur du divorce...dont l'une des principales causes est probablement que les deux parents travaillent. Cela a des côtés positifs, personne n'en doute, mais vu le nivau d'éducation des gosses actuels, on pourrait légitimement penser que les côtés négatifs prévalent. Or donc, s'il faut subventionner ceux qui choisissent de travailler et de mettre leurs enfants en crèche, on ne voit pas très bien pourquoi, par esprit de justice, on n'aiderait pas les autres, même si 10'000 francs par année vous paraissent peu de chose et insultant pour les mères. Je suis sûr que la plupart seront enchantées d'être insultées de cette manière...

Ecrit par : Géo | 15.01.2010

En effet, je suis un grand défenseur du divorce. Il s'agit d'un instrument pour lequel il a fallu longtemps se battre et je suis convaincu que chacun doit avoir le droit de divorcer. Non pas qu'il faille divorcer (c'est toujours un moment douloureux et je ne le souhaite à personne), mais il est important que l'institution existe et qu'elle soit organisée de manière à être la moins douloureuse possible.

Je ne crois pas que le fait d'avoir deux parents qui bossent soit un problème au niveau de l'éducation. On a tous en tête des exemples et des contre-exemples, de types qui ont "bien tourné" et d'autre mal, sans que la question d'avoir des parents divorcés ou non permette de les catégoriser.
Il semble d'ailleurs que c'est davantage la mésentente entre les parents que leur situation maritale qui ait beaucoup d'effets sur les enfants.

Quant aux 10'000 francs, ils sont évidemment bon à prendre, comme toute déduction fiscale, il n'en reste pas moins que ce chiffre sort d'un chapeau, ce qui appuie encore ma conclusion que la mesure est davantage dogmatique qu'économique.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 15.01.2010

Je pense que vous considérez le problème à l'envers.
Depuis que les femmes sont obligées de travailler pour permettre à la famille de vivre, les couples se déchirent, créant ainsi des situations inextricable ou la pire haine remplace le plus bel amour. Les enfants se retrouvent également en 1ere ligne. Il y a une causalité directe entre le travail obligatoire des femmes et l'état de la famille actuelle.
Si les femmes avaient le choix, 80% resteraient à la maison pour s'occuper de leurs enfants (sondage le Matin). En forçant ces femmes pour des raisons économiques à travailler, on déstabilise le marché du travail, et les salaires baissent du fait du chômage. Comme les salaires baissent, d'autres femmes doivent travailler.
Je ne suis pas contre le travail des femmes en tant que tel, il est nécessaire. Mais pour que les familles persistent, elles doivent au moins avoir le choix, ...

Bravo à toutes celles qui ont le courage de s'occuper de leur famille avec amour, sous les quolibets des "biens-pensants" et des féministes.

Ecrit par : Pierre | 15.01.2010

Les divorces existent évidemment aussi dans les familles "traditionnelles", j'en veux pour preuve ma propre famille. Et je ne suis pas persuadé que les divorces soient forcément plus nombreux dans les familles où les deux parents travaillent.

Personnellement, je pense que l'évolution vers plus d'égalité entre les hommes et les femmes est un vrai progrès. Peu m'importe de le nombre de divorce, je préfère une société dans laquelle les femmes peuvent avoir légitimement des perspectives de carrière et de réussite professionnelle.

Quant au travail obligatoire des femmes, il ne me semble pas vraiment exister: on n'a jamais interdit aux familles de préférer le modèle traditionnel. Mais il signifie forcément une diminution de revenu, de pouvoir d'achat. C'est un choix - souvent, je vous accorde que certaines familles ne peuvent s'en sortir autrement - d'austérité. Qui a notamment pour problème la réinsertion professionnelle des femmes après le divorce, qui arrive dans un cas sur deux.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 15.01.2010

Mais, Maestro Dormante, l'Etat n'est-il pas le ferment du dogme et la Démocratie le germe de la discorde ?

Ecrit par : Facteur Hyacinthe | 15.01.2010

"Mais il signifie forcément une diminution de revenu, de pouvoir d'achat. C'est un choix - souvent, je vous accorde que certaines familles ne peuvent s'en sortir autrement - d'austérité."

Mais pourquoi devrait-il l'être? Est-ce parce que les femmes au foyer ne travaillent pas, contrairement à celles qui travaillent à l'extérieur, et qui gagnent de l'argent? Si ce n'est pas un travail, alors pourquoi faut-il payer des gens dans les crèches pour faire ce "non-travail"? C'est bien qu'il s'agit d'un véritable travail!

Les femmes au foyer sont donc défavorisées injustement par rapport aux autres. Cette déduction fiscale est donc parfaitement justifiée. L'Etat n'a pas à promouvoir un modèle familial sur un autre. Si les couples désirent que la femme travaille ET ait des enfants, ils doivent payer la crèche sans pouvoir déduire cette dépense, car finalement, c'est leur choix.

Ecrit par : salut | 15.01.2010

Je ne cherche pas à dire que ce n'est pas un travail, mais que ce n'est pas une activité professionnelle, dans la mesure où elle ne permet pas de dégager de revenu.

En permettant la déduction des frais de garde, l'Etat ne favorise pas un modèle familial, mais tient compte d'une réalité économique.

Si l'on suivait la réflexion jusqu'au bout, on devrait accorder à celui qui se rend au boulot à vélo tous une déduction forfaitaire correspondant aux kilomètres qu'il pourrait faire en voiture.

Cette déduction forfaitaire de CHF 10'000.-, pourquoi pas, mais alors pour toutes les familles, pas seulement pour celles qui ont choisi un modèle familiale "traditionnel".

Ecrit par : Philippe Nantermod | 15.01.2010

Mais de quelle "tradition" parle-t-on? Le slogan "les femmes à la maison" n'a rien de traditionnel. Mon arrière grand-mère travaillait à l'usine : ce n'était (à l'époque...) pas un scandale mais une nécessité. Et je ne crois pas que le taux de divorce était plus élevé pour autant!
C'est un piège que de se limiter à une dichotomie "femmes qui s'occupent des enfants" vs "femmes qui travaillent" (sous-entendu : et qui ne sont pas de "bonnes" mères), mais c'est précisément le but de l'UDC.
Et si on élargissait le débat à une meilleure répartition travail/temps libre non seulement pour les femmes mais aussi pour les hommes (congés parentaux, télétravail, crèches d'entreprise etc). Le chantier est énorme.

Ecrit par : Alex Dépraz | 15.01.2010

"ce n'est pas une activité professionnelle, dans la mesure où elle ne permet pas de dégager de revenu."

J'avais remarqué aussi.

"En permettant la déduction des frais de garde, l'Etat ne favorise pas un modèle familial, mais tient compte d'une réalité économique. "

Quelle réalité économique? Le fait que si les deux membres du couple choisissent de travailler alors il faudra prendre une place en crèche et que cette place coûtera de l'argent?

Mais plein de choses coûtent de l'argent! Si je choisis de m'acheter une voiture, ça coûte de l'argent, c'est une réalité économique, est-ce que j'aurai une déduction fiscale?

"Si l'on suivait la réflexion jusqu'au bout, on devrait accorder à celui qui se rend au boulot à vélo tous une déduction forfaitaire correspondant aux kilomètres qu'il pourrait faire en voiture. "

Précisément! Il ne devrait y avoir ni déduction pour les voitures, ni déduction pour les vélos. Si on déduit pour les voitures, on devrait alors pouvoir déduire le même montant si on roule en vélo; sinon, c'est une subvention déguisée de la voiture. Si l'on choisit de rouler en voiture, on a les avantages, on doit aussi en assumer les inconvénients, y compris financiers. L'Etat n'a pas à amoindrir les inconvénients financiers pour les possesseurs de voitures, comme il n'a pas à amoindrir les inconvénients financiers pour les couples qui décident de travailler de telle sorte qu'ils ne peuvent pas s'occuper de leurs enfants pendant la semaine.

"Cette déduction forfaitaire de CHF 10'000.-, pourquoi pas, mais alors pour toutes les familles, pas seulement pour celles qui ont choisi un modèle familiale "traditionnel"."

Mais c'est précisément ce que demande les gens que vous mentionnez dans votre billet, ceux avec une "Idée sympathique qui sent l’égalitarisme à plein nez, mais difficilement justifiable.". Je vous ferai remarquer que ce n'est pas les défendeurs de la famille traditionnelle qui ont initialement demandé des déductions..

Ecrit par : salut | 15.01.2010

"...je préfère une société dans laquelle les femmes peuvent avoir légitimement des perspectives de carrière et de réussite professionnelle."

Les femmes ?!?!?! En l'occurrence, 5 % d'entre elles, 10 % peut-être, les autres exerçant des métiers dans lesquels la carrière et la réussite se traduisent par une augmentation d'un franc de l'heure tous les trois ans.

LES femmes !?!?!?!? Et ça ose critiquer ceux qui disent que LES musulmans sont des égorgeurs :o)

Ecrit par : Scipion | 15.01.2010

Justement, pour la voiture, il y a une réduction, dans la mesure où vous pouvez comptabiliser les frais d'acquisition du revenu, en l'espèce les dépenses de transport.

C'est à mon avis juste que si l'Etat taxe le revenu, il doit déduire les frais d'acquisition du revenu. Vous ne pouvez pas imposer le chiffre d'affaire sans tenir compte des dépenses, il en va de même pour le revenu. Lorsque l'on parle d'un contribuable dépendant, ces déductions sont très limitées (en comparaison avec un indépendant), mais nécessaires.

"Mais c'est précisément ce que demande les gens que vous mentionnez dans votre billet." Justement pas ! La déduction des frais de garde correspond à une déduction correspondant à un montant réellement investi, qui peut être bien moindre que les CHF 10'000.- proposés pour les familles "traditionnelles".
Le problème est que les partisans de ce modèle considère que la déduction proposée est une espèce de cadeau. Pas du tout, elle correspond à une charge réelle qui doit être justifiée pour pouvoir être prise en considération.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 15.01.2010

Ce qui me chicane, dans cette histoire, c'est qu'on va offrir une déduction fiscale aux femmes qui "travailent" (les mères au foyer sont-elles vraiment oisives ?) et qu'en plus on subventionne les crèches par le biais de nos impôpts à tous.

D'ailleurs, pourquoi parle-ton encore de créches ? Elles se sont appelées ensuite des garderies et sont maintenant en général des "centres de vie enfantine". Et l'inflation des termes a généré une inflation des conditions d'accueil et de confort, donc du prix également.

Ecrit par : gamine | 15.01.2010

Là, gamine, je ne peux que vous suivre. A ce propos, l'intervention que nous avons mené au Grand conseil valaisan pour assouplir les règles en la matière, avec pour but que les crèches soient développées par des privés, comme des PME.

Mais on s'éloigne un peu de la question de la mesure fiscale...

Ecrit par : Philippe Nantermod | 15.01.2010

"C'est à mon avis juste que si l'Etat taxe le revenu, il doit déduire les frais d'acquisition du revenu. Vous ne pouvez pas imposer le chiffre d'affaire sans tenir compte des dépenses, il en va de même pour le revenu."

Oui, mais sur quelle base l'Etat doit-il calculer les frais d'acquisition? Est-ce la version la moins chère qui doit prévaloir? Par exemple, je peux aller au travail en bus, en vélo, en voiture de bas de gamme, en voiture de luxe, quels coûts doivent être considérés comme nécessairement induis par l'acquisition du revenu?

Pour moi, c'est clair, c'est la variante la moins chère. L'Etat n'a pas à subventionner par des déductions des dépenses inutiles de confort que les gens ont librement choisis. Par conséquent, ce serait le bus.

De même pour les enfants. La version la moins chère pour le ménage est la femme qui travaille pas ou pas à temps complet. Aucun frais n'est induis par cette solution. Par conséquent, aucune déduction n'est nécessaire puisque le revenu du ménage peut être acquis sans frais de garde par cette solution.

Maintenant, si le couple veut dépenser de l'argent pour faire garder ses enfants (que la femme travaille ou pas ce n'est pas finalement pas important), alors c'est son problème et l'Etat ne doit pas diminuer artificiellement cette dépense par des déductions fiscales.

Ecrit par : salut | 15.01.2010

D'ailleurs, pour rebondir sur vos derniers propos, les couples dont les deux membres travaillent ont déjà le bénéfice de crèches subventionnées. Cela signifie qu'ils ne payent pas le prix du marché pour faire garder leur enfants.

Cela signifie que le gain théorique maximum qu'ils peuvent escompter avec un travail de la femme n'est diminué que du coût de la crèche subventionnée, et non du coût réel de la garde des enfants, plus élevé.

Les ménages avec femmes au foyer permettent par leurs impôts aux ménages dont les deux membres travaillent de gagner plus d'argent que ce qu'ils ne devraient en faisant baisser artificiellement le coût des crèches alors qu'eux mêmes gagnent moins d'argent du fait que la femme ne travaille pas!!

Et vous voudriez qu'en plus, ils puissent déduire aux impôts! C'est totalement inéquitable.

Ecrit par : salut | 15.01.2010

L'Etat doit déduire ce qui est raisonnable, et c'est pour cela que les déductions sont plafonnées. On ne peut exiger d'une personne qu'elle mette un terme à sa vie professionnel au nom de l'éducation des enfants - je dirai même que c'est quelque chose qu'il faut éviter, pour les raisons évoquées dans mon post. Pas plus qu'on peut exiger que chacun vive à 150 mètres de son lieu de travail.

Vous oubliez enfin toute la problématique des familles monoparentales.

La déduction des frais de garde - plafonnée, évidemment - est entièrement justifiable. La déduction forfaitaire ne l'est qu'au nom d'une déduction incitative.
Je peux soutenir une déduction incitative pour les familles, en proposant une déduction pour TOUTES les familles, je suis par contre opposé à une incitation à choisir un modèle familial qui aboutit à la paupérisation d'une femme sur deux.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 15.01.2010

"On ne peut exiger d'une personne qu'elle mette un terme à sa vie professionnel au nom de l'éducation des enfants"

Mais il n'en a jamais été question. Rien n'interdit à une femme avec enfants de travailler. C'est d'ailleurs économiquement rentable. La plupart des ménages pourraient vivre avec un seul salaire. L'Etat n'a pas à les inciter à confier leurs enfants à des crèches pour avoir un salaire plus élevé en leur permettant de déduire aux impôts. La seule exception possible serait pour les couples qui doivent impérativement travailler à deux pour rester en dessus du minimum vital.

Dans les autres cas, il n'y a pas d'obligation de travailler.

Dans l'absolu, si toutes les femmes travaillaient, la déduction des frais de garde serait justifiée. Mais ce n'est pas le cas. Ainsi, en plus d'obtenir un avantage économique découlant du fait qu'il est économiquement profitable de confier ses enfants et travailler (même sans déduction), ce qui est connu et accepté des couples dont un seul des membres ne travaille, les couples travaillant à deux profiteraient en plus d'un avantage fiscal, dont ne profitent pas les autres couples.

"Vous oubliez enfin toute la problématique des familles monoparentales. "

Effectivement. Dans ce cas, il n'y pas le choix, donc la déduction est justifiée.

"Je peux soutenir une déduction incitative pour les familles, en proposant une déduction pour TOUTES les familles, je suis par contre opposé à une incitation à choisir un modèle familial qui aboutit à la paupérisation d'une femme sur deux."

Donc vous admettez que la déduction pour la garde des enfants INCITE les couples à choisir la solution du travail de la femme, que cette déduction soit formfaitaire ou basée sur les coûts effectits. Mais vous mentionnez ailleurs que l'Etat ne devrait pas favoriser une solution plutôt qu'une autre...

Ecrit par : salut | 15.01.2010

Quand un couple fait le choix de s'occuper en priorité de ses enfants et si le membre qui travaille n'a pas un haut salaire, il est bien évident que leur revenu souffre une réelle perte. Cette déduction n'est que justice.

Ecrit par : Hakim | 15.01.2010

Intéressant papier et mesuré. Un peu trop mesuré même, on sent que vous n'êtes pas vraiment super sûr de votre coup, que vous marchez sur des oeufs. Il y a de quoi. Je ne veux pas vous faire le coup du "ceux qui ont pas de gosse ne comprennent rien" parce que tout le monde devrait prendre part au débat. Mais en prenant mon cas personnel, je vois que j'ai totalement changé d'avis sur ces aspects très délicats et essentiels depuis que je suis devenu papa.

Reste que mon épouse bosse plus qu'un banquier d'affaires, n'a pas de week end ou de congé payé, souvent même pas de nuit complète. Et évidemment pas de salaire. Et d'elle on dit qu'elle est "sans emploi".

Ecrit par : david laufer | 15.01.2010

je suis une mère d'un bèbè de8 mois je m'occuppe à plein temps de mon ménage et de mon enfant 7 jours sur 7 sans congé ni vacances payées..non femme au foyer est un travail à plein temps.

Ecrit par : CARO | 15.01.2010

Si comme de beaucoup trop nombreuses familles vous faites un enfant pour le confier dès l'age de 4 mois à une crèche 8h par jour, aux grand-parents 1 week-end sur 2...

Ben personnellement je trouve que ces familles feraient mieux d'acheter des poissons rouges.

Cela dit, ce n'est que mon avis. Mais bon, a voir le nombre de femmes qui ne font un gosse que pour avoir la paix, vis à vis de la famille, je me demande ou sont les avantages de la soi-disant révolution féminine qui disait "un enfant si je veux, quand je veux", mais qui semble surtout avoir tourné en "je m'en occupe quand je veux, si je veux" ?

Ecrit par : Greg | 15.01.2010

Etrange cette stigmatisation sur la femme.....elle accouche de l'enfant, mais il a été fait à deux....non? Alors il s'agit de penser en terme de famille ou de couple familial!
Mon avis de femme, mère expérimentée, travailleuse indépendante (choix fait pour être la plus présente possible) pendant la période de "l'élevage". Ce n'est pas en octroyant une déduction ciblée (pour une garde extérieure) qui résoudra le problème et le rendra équitable!

La solution passe par une prise en considération par l'état (soit le fisc) en rapport du choix fait par le couple familial!

En premier lieu la totale non-imposition des allocations familiales pour les couples dont un conjoint reste à domicile pour élever ses enfants. Pas pour les autres!!!!

Puis après c'est donc une question de barême fiscal selon le quotien familial.
Car on constate que certains foyers avec des "beaux revenus" peuvent tout se permettre; garderie privée, à domicile, en institution, en internat....etc!

Donc pour ramener un semblant d'équité, le barême doit sanctionner!

C'est-à-dire en augmentant les parts de déductions "pour revenus modestes" selon le niveau des revenus familiaux et le quotien familial. Ainsi on peut prendre en considération tout l'éventail des situations de famille des contribuables.

L'Avocat en devenir se prépare donc bien à préserver ses futurs revenus, dès lors que le divorce va coûter moins cher avec les nouvelles mesures plus efficaces et rapides.
Mais de grâce en tant que politicien au devenir certes, moins certain, enlevez vos oeillères et prenez le temps d'une réflexion approfondie avant de profaner des théories qui vont dans tous les sens et sans bon sens!

Ecrit par : Corélande | 16.01.2010

Vous voyez, Monsieur Nantermod, certaines personnes ressentent comme injuste et inéquitable de permettre au couple qui ont choisi d'avoir des enfants ET de travailler de pouvoir en plus avoir un soutien de l'Etat dans cette démarche

En réalité, comme le dit qqn plus haut, il faut réfléchir au niveau du couple. Puisque celui-ci peut en règle générale obtenir un revenu sans frais de garde (1 parent ne travaille pas), c'est cette solution-là qui doit être retenue par le fisc comme base pour calculer les frais d'acquisition du revenu du couple (c'est à dire: 0).

Si des couples choisissent de travailler à deux, alors c'est un choix qui n'est pas contraignant et c'est comme vouloir rouler en ferrari pour aller au travail. Ils doivent supporter l'ensemble des coûts liés à ce choix (choix qui s'avère de toute manière économiquement rentable pour eux, comme on le sait).

La déduction pour les couples qui ne travaillent pas à deux n'est pas une incitation pour ce modèle familial, c'est un rétablissement de l'égalité vis à vis de ceux qui travaillent à deux si ces derniers ont une déduction.

Ecrit par : salut | 16.01.2010

Tout cela je l'entendement, évidemment.

Mais que faites vous de cette problématique que je soulève à propos de l avenir des mères de famille divorcées ?

Envoyé depuis mon iPhone.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 16.01.2010

"Mais que faites vous de cette problématique que je soulève à propos de l avenir des mères de famille divorcées ?"

Comme déjà dit: Avec un quotien familial établit et un barême pour revenus modestes, tout cela peut éviter que le budget des mères de famille seules avec enfants à charge soit alourdit par des impôts disproportionnés! (souvent à cause de la pension alimentaire qui n'est pas toujours versée correctement d'ailleurs et dont le fisc se fout royalement.)
Pour cela le canton de Vaud a un mode de calcul assez intéressant, d'autant qu'il tient compte également du montant du loyer évidemment surélevé en raison du besoin de 3 ou 4 pièces dès lors que les enfants partagent le foyer du parent!

Philosophiquement parlant, il est peut être bien pour une mère qui doit se charger du quotidien des enfants, de pouvoir avoir le choix éventuel de ne travailler que partiellement. Donc les postes du budget qui sont les plus lourds, sont le loyer, les assurances maladies (en VS c'est top, mais pas sur VD) et les impôts.
Par ailleurs, il faudrait aussi rajouter à votre propos que lorsque l'on parle de garderie onéreuse, il s'agit surtout des 5-6 premières années des enfants, et ce n'est pas vraiment dans cette tranche que les couples divorcent.

Encore un peu de réflexion et ....en allant poser les questions directement aux personnes concernées, vous devriez avoir de quoi élaborer de bonnes modifications!.... Si c'est vraiment le but recherché!

Ecrit par : Corélande | 16.01.2010

Comme le relève Corélande, la femme même mariée peut reprendre un travail dès que les enfants sont à l'école. Si vous pensez qu'une absence du monde du travail pendant 4 ans (voire absence partielle) l'empêche définitivement d'y revenir.. cela signifie en réalité que la société interdit au femme d'arrêter de travail même temporairement si elle entendent avoir une activité lucrative.

Ecrit par : salut | 16.01.2010

(cher Philippe, acceptez ce copié-collé de ma réponse sur votre blog voisin : http://nantermod.wordpress.com/)

***

Bonsoir Philippe,

Merci pour votre billet. Je comprend votre soucis de trouver des solutions à ce monde si compliqué par tous ces concepts, ces idéaux, ces idées, ces systèmes, ces réglementations, ces limitations, etc…

A mon humble avis, nous aurions beaucoup plus à gagner de travailler pour que le mariage reprenne tous son sens et que, morale et droiture imbibent chaque personne.

Que les épouses puissent vivre en parfaite sécurité auprès de leurs époux. Que les vertus inhérentes à une humanité noble et digne regagnent le coeur des gens et s’intègrent jusqu’au coeur de la société.

Cela fait aussi partie de l’histoire qu’il faut connaître et donc enseigner. Mais, je ne crois pas beaucoup aux vertus de la connaissance livresque, trop souvent dogmatique, mais je crois en l’exemple.

Personnellement, j’exigerais des personnalités politiques qu’elles soient exemplaires sur le plan morale, éthique et de dignité, de majesté.

Je veux des gens probes, honnêtes, sincères et justes.

Des gens qui s’investissent pour remettre au goût du jour les valeurs morales. A tel point que tous le monde n’aimerait que s’identifier à cet exemple, parce qu’il vient d’en haut, parce qu’il est sincère, parce qu’il est vrai !

Que les femmes puissent se comporter comme des mères et non comme des carriéristes affairées et stressées par nécessité, par mode ou par simple envie de ne plus ressembler à une femme, parce que l’image que l’homme en fait est une image condescendante.

Que les hommes se comportent comme des hommes et non comme des porcs, des ânes, des pies ou des singes.

Des hommes responsables, dignes, qui prennent leurs responsabilités, protègent et respectent leurs épouses et élèvent main dans la main avec celles-ci et ce, dans un parfait équilibre dans leur union, leurs enfants afin que ceux-ci mûrissent dans la douce quiétude d’un foyer rempli d’amour, de respect et de paix.

Que l’esprit maternelle gouverne le pays et apporte son sens de l’équité, de la justice, de l’économie et du partage à la société.

Assez de système ! L’être humain fait partie intégrante de la nature. Si celui-ci pouvait se gouverner par un système, ça ce saurait depuis le temps qu’on essaie tout et n’importe quoi. Un coup à gauche, un coup à droite, un coup pour coup…

Quand est-ce que cela va-t-il arriver ? Quand est-ce que l’homme réclamera avec bon sens, du bon sens pour lui-même ?

Qui va politiquement révolutionner la politique en Suisse et apporter un souffle nouveau pour changer l’air vicié de la lourde atmosphère politique qui plane sur notre pays ?

Qui va enfin mettre la charrue derrière les boeufs et tracer dans notre terre, un sillon fertile pour planter à nouveaux les jalons éternels d’une vie pratique, simple et collective ?

(je voulais faire court, voilà en partie mon prochain billet de mon blog )

Avec mes plus chaleureuses salutations, je vous souhaites un agréable week-end,

Serjirao

Ecrit par : Serjirao | 17.01.2010

Vu le prix que coûte une place en crèche pour une collectivité, il est évident que ces dernières ont tout intérêt à cette déduction fiscale. Je ne vois pas où est le problème de la réinsertion dans le monde professionnel. Les libéraux devraient savoir ce qu'ils veulent.

Soit vous prônez la flexibilité sur le marché de l'emploi, soit vous prônez l'emploi à vie dans une entreprise. Il est vrai qu'entre les discours et les actes, tous ces beaux parleurs qui ont des responsabilités dans le monde du travail font pâle figurent. Ils affirme ouvertement être attaché à la flexibilité, sans oser passer à l'acte. Résultat: aucun engagement sans 5 ou 10 ans d'expériences,...

La meilleure solution reste le chèque éducation, à affecter à la solution de garde adéquate pour chaque famille: crèche, garderie, aidant familial (grands-parents,...) ou maman de jour.

Ecrit par : olix | 18.01.2010

J'ai lu rapidement les interventions, et il me semble qu'une problématique n'a pas été abordé: celui de la progressivité de l'impôt qui est déjà une forme "d'encouragement" au modèle "traditionel" (c'est à dire la femme qui reste à la maison).

Si je prends des chiffre tout à fait au hasard juste pour la démonstration: prenons un couple dont les 2 parents travaillent à 100% et qui ont un bon salaire: ils on un revenu imposable de 16'000.- par mois (10'000 pour monsieur et 6000 pour madame). Il seront taxés (par exemple) à hauteur de 30% de leur revenu. Si Madame arrête de travailler, le revenu tombe à 10'000.-, et le revenu ne sera taxé (par exemple) qu'à 20%.

Cette progressivité est donc déjà un mécanisme qui fait peser une fiscalité plus lourde à ceux qui ont un double revenu par confort, et à contrario allège celle des couples où madame reste à la maison. Ne pas perdre de vue que si on supprimait la progressivité (flat tax) sans baisser le train de vie de l'Etat, eh bien il aurait forcément un une charge plus lourde pour ceux qui choisissent le modèle "traditionel" (papa travaille).

Ecrit par : PtitSuisse | 18.01.2010

Oui cependant je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en fin de compte, il reste quand même plus d'argent avec 16'000.-- moins 30% d'impôt (16'000-4'800= 11'200) que 10'000.-- avec 20% (10'000-2'000=8'000)!

Votre remarque n'a pas de sens.

Ecrit par : salut | 18.01.2010

@salut.

je vais compléter mon raisonnement pour le rendre plus clair.

Si en continuant votre exemple, on passait à un système "flat tax" à 25% dans les 2 cas, la famille "travail" verrait ses impôts diminuer, laissant 12'000.- net après impôt, et la famille traditionelle ses impôts augmenter, elle aurait 7500.- après impôt.

Donc le système progressiste "prend" à ceux qui font le choix de travailler plus pour "redonner" à ceux qui font le choix d'un conjoint à la maison: c'est donc bien un système de subventionnement indirecte. C'est pourquoi il faut bien se demander si un subventionnement supplémentaire est nécessaire.

Ecrit par : PtitSuisse | 18.01.2010

merci pour info

Ecrit par : Jeanette - uk calling cards | 10.03.2010

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