07.10.2009

Initiative 1:12, une escroquerie sociale

Certains abusent de la peur comme moteur électoral, les jeunes socialistes vont encore plus loin dans l’exploitation des sentiments les moins nobles de l’homme. Avec leur initiative 1:12, les jeunes socialistes offrent un exutoire aux jalousies et aux frustrations populaires.

Une bonne poignée de top managers gagnent en Suisse des salaires gigantesques, rationnellement inexplicables, souvent indécents. C’est évident. Et après ?

Vous voulez que le pauvre se sente moins pauvre ? C’est facile, pendez le riche. Il est autrement plus facile de casser le quotidien des mieux lotis que d’améliorer celui des plus démunis, d’autres plus à gauche l’avaient déjà compris. Aussi simpliste qu’il peut l’être, ce raisonnement a été directement appliqué pour mettre sur pied l’escroquerie sociale qu’est l’initiative lancée par nos amis les jeunes socialistes.

Seulement voilà, ces robins des bois modernes ratent leur cible et se paient les plus démunis en guise de dommage collatéral. Daniel Vasella a gagné la monstrueuse somme de 40 millions de francs l’an passé. Canton, commune, confédération, le patron de Novartis a laissé environ la moitié aux impôts, soit 20 millions de francs. En plafonnant son revenu à un peu moins d’un million de francs, c’est surtout l’Etat qui subira cette baisse de revenu. Appliquée à tous les cadres grassement payée, cette initiative est un véritable siphon pour les finances publiques. Et cela sans évoquer les assurances sociales : Daniel Vasella a laissé en 2008 pas moins de 4'400'000 francs à l’AVS, soit l’équivalent de 1930 rentes mensuelles maximales.

Et la redistribution, me direz-vous ! Je ne crois pas un instant que la masse salariale ici économisée sera redistribuée auprès des bas salaires. Au vu des comptes des sociétés en cause, on peine à imaginer que c’est le salaire des dirigeant qui freine les augmentations salariales.
En réalité, les premiers bénéficiaires de l’initiative « 1:12 » seront les actionnaires qui verront le résultat de leur entreprise prendre (un peu) de couleur. Et si ceux-ci considèrent comme un désavantage le risque de ne plus être concurrentiel sur le marché des cadres, ils pourraient simplement s’amuser à passer d’un côté plus intéressant de nos frontières.

Du côté des perdants ? A votre avis, de Marcel Ospel ou de M. Toutlemonde, qui souffrira le plus de la fermeture d’écoles ou de transports publics ?  Le premier s’en accommodera facilement, je n’en doute pas. On repassera pour le second. 
D’ordinaire, les JUSO clament haut et fort que pour financer leurs projets dispendieux, y’a qu’à prendre aux riches. Curieuse initiative socialiste qui revient à appliquer dans tous les sens du terme leur slogan habituellement creux de la « politique des caisses vides ». Utiliser la jalousie des travailleurs pour mieux les rouler ; il est beau le socialisme !

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Commentaires

Ouaih, pour une fois je suis d'accord avec vous, c'est très idéologique et démago comme initiative et ça ne résout pas le problème de manière intelligente et constructive...

À mon sens, le problème de fond se situe ici: les grands groupes ont un pouvoir, une véritable influence sur le monde, et créent une forme de corporatisme malsain. Il s'ensuit une démocratie d'élite dans une démocratie.

Je m'explique avec une image: à l'époque où Athènes était le phare du monde méditerrannéen, elle se décrivait comme une démocratie. Dans les faits, seule une poignée de citoyens possédaient des droits sur la "cité", la res publica, à travers leur droit de vote.

On assiste au même fonctionnement aujourd'hui entre les citoyens d'un État de droit et les actionnaires + administrateurs d'un grand groupe économique: nous avons tous un droit d'opinion et de vote pour influencer le monde, mais dans les faits, nous ne participons que très peu à la manière dont se forge le monde aujourd'hui, nous n'atteignons pas les véritables sphères d'infuences.

Et c'est ici que l'équilibre du pouvoir décisionnel est rompu nettement en faveur de ces grands groupes qui s'autogouvernent.

Ecrit par : Lucide | 07.10.2009

Sans doute que le problème vient aussi dans la dilution du capital et du peu d'emprise qu'ont les citoyens sur leur caisse de pension lors des décisions d'Assemblée des actionnaires.. Qu'en pensez-vous ?

Ecrit par : Philippe Nantermod | 07.10.2009

Bonjour,

J'aurais une contre-proposition à l'initiative 1:12 ... elle se nommerait aussi "1:12" et consisterait à exiger que le plus mal payé des employés d'une entreprise soit augmenté à hauteur d'au moins un douzième du salaire de l'employé le mieux payé de cette même entreprise.

Bon d'accord, je repars ;-))

A+
Jacky

Ecrit par : Jacky | 07.10.2009

Affirmatif.

Idéalement, chacun devrait "responsabiliser" son argent et l'investir dans des causes qui correspondent à ses attentes et dans une certaine mesure, au bien commun.

J'ai lu une analyse pertinente, il y a qqs temps déjà, qui objectait que l'on agit plus sur l'écologie en se souciant du placement de son argent, qu'en triant ses déchêts. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas se responsabiliser au niveau domestique, loin de là, mais que le capital de tout un chacun a beaucoup plus d'influence sur le monde que ses gestes quotidiens de triage. Effrayant, non?

Ecrit par : Lucide | 07.10.2009

En effet...
Bref, concrètement (mais on s'éloigne du thème de mon post), il faudrait introduire le libre-choix de la caisse de pension et ne plus le lier à l'entreprise, mais au choix de l'employé.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 07.10.2009

Philppe, il n'est pas crédible de se faire le chevalier blanc des rentrées fiscales et de l'AVS losqu'en soutenant la réforme de l'imposition des entreprises II, on prive les caisses publiques de 2 milliards et l'AVS de 150 millions de francs annuels.
Les syndicats soutiennent l'initiative 1:12, car elle aura pour effet non seulement de mettre un terme aux abus en matière de salaire (que les actionnaires sont incapables de contrôler), mais aussi de diminuer les écarts salariaux, source d'inégalités flagrantes et injustifiées. En outre, ils se font fort de à la redistribution aux employés de base la part qu'actuellement, certaines entreprises versent de manière indécente à quelques grands managers aux compétences douteuses.

Ecrit par : Jean Christophe Schwaab | 07.10.2009

M.Nantermod, vous parlez de jalousies et de frustrations populaire comme de quelque chose de honteux. Mais, en même temps, vous avouez qu'il y a des salaires gigantesques, inexplicables et indécents. N'y a-t-il pas là un manque de cohérence ?

Les grandes entreprises qui versent de tels salaires sont devenues des Etats dans l'Etat et nous le savons tous. Même si l'initiative 1:12 n'est pas parfaite, vu que les Vasella et consorts rivaliseront d'ingéniosité pour continuer à toucher leurs revenus indécents, elle a le mérite de faire bouger les choses.

Ecrit par : Fufus | 07.10.2009

Faire bouger les choses dans quel sens ? Je ne vois pas ce que ça va améliorer...
Sans doute que Vasella trouvera un moyen pour continuer à toucher son revenu indécent. Et échapper au fisc par la même occasion j'imagine.

Je ne vois pas l'incohérence de mon propos. Je pense pas qu'il y ait grand monde pour dire que 40 millions est un salaire "normal" ou autre chose que monstrueux. De là à soutenir une initiative dont les effets se feront ressentir par les plus démunis... mouais.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 07.10.2009

@Schwaab

Mouais...
Cette initiative est plus dévastatrice pour les caisses de l'Etat que toutes les baisses d'impôt proposées par la droite depuis 20 ans à mon avis. Selon mes calculs, l'initaitive 1:20 priverait l'AVS de 500 millions de francs...

Et j'adore avoir l'occasion de donner une leçon de social à la gauche.

Pour ce qui est des contrôles par les actionnaires, l'initiative Minder est là pour ça.
Quand à la réduction des écarts salariaux, je suis du même avis, mais plutôt que de baisser les salaires les plus élevés, je pensais plutôt augmenter les plus faibles.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 07.10.2009

Faire bouger les choses dans quel sens ? Je ne vois pas ce que ça va améliorer...
Sans doute que Vasella trouvera un moyen pour continuer à toucher son revenu indécent. Et échapper au fisc par la même occasion j'imagine.

Je ne vois pas l'incohérence de mon propos. Je pense pas qu'il y ait grand monde pour dire que 40 millions est un salaire "normal" ou autre chose que monstrueux. De là à soutenir une initiative dont les effets se feront ressentir par les plus démunis... mouais.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 07.10.2009

"Mouais...
Cette initiative est plus dévastatrice pour les caisses de l'Etat que toutes les baisses d'impôt proposées par la droite depuis 20 ans à mon avis. Selon mes calculs, l'initaitive 1:20 priverait l'AVS de 500 millions de francs...
"

J'ai peine à suivre votre raisonnement: cet argent qui n'est pas touché en rémunération par les hauts cadres ne disparait pas de l'économie comme ça.

Si j'en crois vos chiffre, 500 millions de franc AVS, ça fait 5milliards de salaires (puisque les cotisation AVS/AI c'est 10%), eh bien ces 5milliards qui ne sont pas pris par les cadres, ils vont profiter aux clients des entreprises qui verront les prix baisser de 5milliards, ou alors il ira dans la poche des actionnaires qui toucheront plus de dividendes, ou dans la poche des petits salariés. Je ne sais pas trop où cet argent ira, mais une chose est sûr, il est simpliste de calculer une perte pour les impôts comme vous le faites...

Ecrit par : PtitSuisse | 07.10.2009

J'aimerais apporté un autre éclairage au problème, celui du taux d'imposition marginal maximal dans l'histoire des USA (pays qu'on ne peut pas qualifier d'ultra-socialiste !).

http://www.salairemaximum.net/photo/1500409-1998369.jpg?v=1248118083

Vous constatez sur ce graphique que jusque dans les années 60, le taux marginal maximal était au dessus des 90%... Ce qui n'a pas empêché la forte croissance économique de cette époque !

Ecrit par : PtitSuisse | 07.10.2009

On parle de multinationales. Ces sociétés ont d'excellents moyens de laisser le bénéfice dans leur filiales, d'amortir des sommes colossales. Croire que les 40 millions que Vasella resteront en Suisse relève de la gageure.
Au surplus, je rappelle que l'AVS est financée par les cotisations salariales, pas par l'impôt sur le bénéfice.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 07.10.2009

"On parle de multinationales. Ces sociétés ont d'excellents moyens de laisser le bénéfice dans leur filiales, d'amortir des sommes colossales. Croire que les 40 millions que Vasella resteront en Suisse relève de la gageure.
Au surplus, je rappelle que l'AVS est financée par les cotisations salariales, pas par l'impôt sur le bénéfice."

Là n'est pas la question.

J'affirme que vos chiffres sur l'effet d'une mesure de limitation des hauts salaires sont douteux.

Prenons le problème sous un autre angle: admettons que l'Etat renonce à prélever d'une manière ou d'une autre 5 milliards d'impôts. La première approche simpliste est de croire que brusquement l'économie Suisse va être riche plus riche de 5 milliards. Or ce n'est pas le cas, parce que l'Etat ne brûle pas de billet de banque, avec l'argent qu'il récolte il le verse à des fonctionnaires qui dépense leur salaire en bien de consommation du secteur privé, ou alors il achète directement des prestations au secteur privé.
Non, la logique de ce genre de mesure, c'est de penser (à mon avis à tord, mais moi je ne suis pas radical ;-) que ces 5 milliards vont dynamiser l'économie de manière plus forte si ils sont laissé au secteur privé que si ils sont laissé au secteur public, et donc qu'il y aura un effet positif sur la croissance (parce que 5 milliards que l'Etat rennonce à prendre, ça n'a aucun effet sur la richesse globale).

Si vous êtes, en bon radical, d'accord avec mon analyse, alors le même principe peut être appliqué au salaire des hauts cadres: si on leur retire 5 milliards, il n'est pas illusoire de croire que le reste de l'économie en serait dynamisée, puisque vous êtes le premier à le reconnaître, ces salaires sont trop haut par rapport à l'efficacité prouvée de ceux qui les touchent, tout comme vous êtes persuadé qu'un fonctionnaire est par essence inefficace et que de le remplacer par un employé du privé, c'est forcément bon pour l'économie.

Ecrit par : PtitSuisse | 07.10.2009

Tous des jaloux... la preuve

C'est français qui ont entamés la révolution, ils ne pouvaient pas laisser les aristocrates en paix; c'est gens cultivés qui vivaient de leurs terres "volées" et du travail des "serfs" qui les exploitaient.

Et ces russes incultes, qui devaient se coucher, face contre terre, lorsque le noble qui les "possédait" avait décidé de se promener; quel bande de rustres, ils ont osés se rebeller...

Heureusement aujourd'hui cette époque barbare est terminée, les grands patrons comme l'excellent Ospel ont mis des milliers de gens à la rue, mais on continue à baisser la tête et à aller travailler.
Les patrons parle de diminuer les salaires (pas les leurs, ceux des ouvriers) mais personne ne s'en offusque.

Les dirigeants ont toujours raisons dans toutes leur prises de décisions.

Alors on travaille et on vit avec CHF 4,000.00 par mois, c'est amplement suffisant, et surtout, on ne critique pas son patron, celui qui gagne en un mois, ce que son employé ne gagnera jamais durant toute une vie de travail.

Ce sont les nouveaux aristos...

L'Histoire nous apprend que, pour obliger les possédants à partager un peu, il a fallu les forcer beaucoup.

RIEN NE NOUS EMPÊCHE DE REMETTRE EN FONCTION, LA PARFAITE MACHINE DÉMOCRATIQUE, DU DOCTEUR GUILLOTINE.

Ecrit par : Earl | 08.10.2009

Bon Earl, avec vos grandes théories à la noix, vous répondez pas à la question un peu con, terre à terre que je pose: on fait comment si les rentrées fiscales liées aux top-managers disparaissent du jour au lendemain ?

Ecrit par : Philippe Nantermod | 08.10.2009

La gauche suisse travaille à la création d'un monde délicieux.

Il y a des bons à l'école? Et bien nous tordrons l'institution scolaire jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que des médiocres (je vous renvoie là aux réformes délirantes que nous avons avalé comme autant de couleuvres dans les cantons qui ont eu le malheur de confier leur instruction publique à des membres du PS).
Et maintenant, ils constatent horrifiés qu'il y a des riches. Nouveau problème, nouvelle solution: "Tous Pauvres!". En language clair, c'est ce que l'on appelle le nivellement par le bas, et ça tient lieu de plat unique à la gauche.
Je doute que la lutte des classes soit encore pertinente, mais le cas échéant, le PS est définitivement le représentant de la petite-bourgeoisie sans ambitions et envieuse, démangée par le prurit de la jalousie.
Outre le problème des rentrées fiscales, il faudrait dire que les modes de rémunération dans les entreprises appartiennent précisément à ces entreprises et que l'Etat n'a pas à s'en mêler. Point barre.

J'apprécie toujours Earl. Toutefois je lui rappellerai que le bon peuple russe a vite déchanté quand il a dû à nouveau se prosterner devant les pontes du parti, et cette fois pour se prendre une balle dans la nuque. A et puis au fait, le docteur s'appelait Guillotin, pas Guillotine, ça s'est sont invention. Désolé mais arrogance et imprécisions font mauvais ménage.

à +

Ecrit par : Mat | 08.10.2009

"Bon Earl, avec vos grandes théories à la noix, vous répondez pas à la question un peu con, terre à terre que je pose: on fait comment si les rentrées fiscales liées aux top-managers disparaissent du jour au lendemain ?"

Mais elle ne disparaisse pas, justement ! D'autres vont les payer !

Si reprends mon exemple plus haut, pendant 40ans les USA ont connu un taux marginal d'imposition tellement confiscatoire qu'un revenu au dessus de 2 millions de dollar d'aujourd'hui n'existait pas. Et pourtant il y a une une forte croissance économique dans les années 50-60 (les 30 glorieuses)

Ecrit par : PtitSuisse | 08.10.2009

PtitSuisse, je comprends vraiment pas votre raisonnement. Evidemment que d'autres vont la payer. La classe moyenne. Ou alors on diminue la marche de l'Etat.

Je vous rappelle que la situation économique de nos Etats a considérablement changé depuis les 30 glorieuses: la quote-part de l'Etat est passé à peu près à 50%, la dette publique a explosé, les assurances sociales sont mises bien davantage à contribution, bref, on peut difficilement faire un parallèle pareil...

Ecrit par : Philippe Nantermod | 08.10.2009

"Il y a des bons à l'école? Et bien nous tordrons l'institution scolaire jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que des médiocres (je vous renvoie là aux réformes délirantes que nous avons avalé comme autant de couleuvres dans les cantons qui ont eu le malheur de confier leur instruction publique à des membres du PS)."

Je ne vois pas trop le rapport... A moins que... A tout hasard je vous rappelle qu'en dehors de certaines qualité indéniable, M. le Dr Vasella (docteur en médecine (!)) a eu l'opportunité d'épouser la nièce de l'ex-patron de Sandoz avant de reprendre lui-même la présidence. Comme quoi ça ne suffit pas forcément d'être bon à l'école ;-)


"Et maintenant, ils constatent horrifiés qu'il y a des riches. Nouveau problème, nouvelle solution: "Tous Pauvres!". En language clair, c'est ce que l'on appelle le nivellement par le bas, et ça tient lieu de plat unique à la gauche."

Tous pauvres quand cette initiative prévoit un écart de salaire de 1 à 12 ?

Ecrit par : PtitSuisse | 08.10.2009

Ben l'idée c'est pas d'augmenter le salaire des plus pauvres, mais de baisser le salaire des plus riches. Si c'est pas du nivellement par le bas!

Ils me font marrer ces socialistes qui prétendent la main sur le coeur: "Mais non, si Vasella gagne 40 fois moins, les pauvres gagneront 40 fois plus". Je sais pas s'ils ne savent pas compter ou s'ils sont de mauvaise foi...

Ecrit par : Philippe Nantermod | 08.10.2009

Bonjour Philippe,

En effet je te l'accorde, ta question est un peu con, mais c'est avec plaisir que j'y répond.

La masse salariale étant mieux redistribuée, les rentrées fiscales restent, au pire, les mêmes, voir augmentent.
Tout le monde, et pas seulement les patrons, gagnant plus, donc payant plus, et ceci sans s'exiler dans les cantons pratiquant la sous-enchère fiscale.

Ecrit par : Earl | 08.10.2009

Qu'est-ce qui te fait dire que la masse salariale sera mieux redistribuée ?

Novartis, s'ils ont demain 150 millions pour leurs cadre de moins à payer, c'est sans doute 150 millions de plus pour les actionnaires, ou 150 millions qui restent dans les réserves de l'entreprise (pas forcément en Suisse).

Ensuite, la progressivité de l'impôt fait que même une redistribution à 100% diminuerait la part de contribution publiques.

Enfin, il suffit qu'une de ces boîtes décide de déplacer son SIEGE dans un autre Etat pour échapper à ces règles pour que la machine se grippe sérieusement.

Bref, cette argumentation ne tient tout simplement pas.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 08.10.2009

@ Matt

Je suis ému et bien sur jaloux de votre culture...

Oui, je vous l'accorde il s'agissait du Dr. Guillotin, mea culpa, pour avoir étudier sa vie et ce qui l'a poussé a fabriqué sa machine, je suis impardonnable... Voyez-vous il semblerait que mon correcteur automatique ne reconnaisse pas Guillotin, juste guillotine...

Concernant le reste de vos propos, ceux-ci étant tellement réducteurs et navrant de médiocrité, qu'il est bien évidement inutile de les commenter...
Le parfait petit livre du libéral lèche-bottes, du petit chef qui s'aplatit devant son boss dans l'espoir d'une promotion.

J'apprécie cependant beaucoup votre "point barre", preuve de tolérance et d'ouverture d'esprit... Concernant l'arrogance et les imprécisions, je vous renvoie donc à votre miroir.

Ecrit par : Earl | 08.10.2009

Là, une nouvelle fois tu baisses ton froc devant les riches et tu n'accomplis pas ton travail d'homme politique.

Les gros patrons habitent dans des cantons timbres poste, qui font de la sous-enchère fiscale, et privent ainsi les cantons utiles à la Suisse,comme Bâle et Zürich, de revenus conséquents.

Si ces salaires sont partagés entre tous les employés, ceux-ci veront leurs revenus augmenter. Comme ils habitent généralement là oũ ils travaillent, leurs impôts seront payés dans ces villes et ces cantons indispensables à notre pays, De plus se sera une remise au pas de ces cantons inutiles et profiteurs comme Nidwald, Schwytz et j'en passe, qui verront leurs rentrées fiscales diminuer.

Ecrit par : Earl | 08.10.2009

Quelle expression vulgaire que cette histoire de pantalon. Et complètement hors contexte.

Ils laissent tout de même tous 10.1% de leur salaire à l'AVS, paient l'IFD, l'impôt cantonal, communal. Evidemment qu'ils ne cherchent, comme tout un chacun, à payer le minimum d'impôt.

"Si ces salaires sont partagés..". Ils ne le seront pas. C'est tout, il faut arrêter de fantasmer.

Quant aux cantons inutiles, je trouve cela bien insultant et à côté de la plaque. Pour toi, de toute manière, un canton utile, c'est un canton avec 95% d'assistés qui vivent au crochet des 5% restant, ceux-ci étant évidemment les seuls à payer des impôts. Bravo la solidarité, je préfère encore le capitalisme sauvage.

Une fois de plus, tu esquive la question centrale. Sachant que ces salaires ne SERONT PAS redistribués, qui paie la baisse des rentrées fiscales?

Ecrit par : Philippe Nantermod | 08.10.2009

Earl@ Sous des dehors de psychopathe dangereux, socio-enragé de tendance vampire, vous êtes resté un grand naïf. Je crois que qqch vous échappe : il y a une dizaine d'années, j'ai rencontré un brillant ex-journaliste, un peu lassé des rédactions et on le comprend sans problème, n'est-ce pas ? Il consacre son temps à sa famille et un peu à ses clients. Des politiques, des militaires, des cadres de tous genres qui viennent se faire étriller chez lui, avant de passer pour de vrai chez les connards de "Mise au point" ou autre émission gauchiste telle qu'on peut en voir ou en entendre trois fois par jour chez nous.
Vous avez déjà songé à vous faire payer par Nantermod pour tous les services gratuits que vous lui fournissez ?

Ecrit par : Géo | 08.10.2009

Désolé Philippe, mais c'est toi qui lance le sujet et ensuite esquive toutes les remises en question.

Pourquoi ne seront-ils pas redistribués?
Si ce sont les travailleurs et non pas les patrons qui gagnent plus, se sera les travailleurs qui s'acquitteront honnêtement de leurs impôts, ce qui n'est pas le cas, bien trop souvent, des patrons.

Si ces travailleurs habitent dans les villes et les cantons où ils travaillent, cela va aider ces cantons, non?, et j'en conviens, prétériter les cantons qui ont fait de la sous-enchère fiscale leur principale source de revenus.

Tu me déçois, toi qui a vécu à Zürich, parler de 95% d'assités???
Tu tombes au niveau de la rhétorique udc, et je sais que tu es capable de beaucoup mieux.

Ecrit par : Earl | 08.10.2009

@ Géo

Vous avez tout juste, quelle brillante intelligence; de plus je suis heureux pour vous que vous ayez rencontré une fois dans votre vie une personne...
Inutile cependant de vous en vanter autant.

Aller, sans rancune, vous me divertissez.

Ecrit par : Earl | 08.10.2009

Ils ne sont pas redistribués parce que ça ne vaut pas la peine économiquement pour l'entreprise. Nous parlons de société privées.
Tu pars du principe que notre marché est planifié. C'est faux, notre économie est libérale. Je suis un défenseur de cette économie libérale d'ailleurs.

Nous parlons ici de l'initiative 1:12 et personne n'est capable de m'expliquer pourquoi une boîte qui fait 10 milliards de bénéfice va tout à coup distribuer ce bénéfice à ses employés parce que l'on a sucré le salaire du patron.

Je ne parlais pas de Zürich, mais le terme de "canton inutile" est tout simplement débile. Je ne vois pas vraiment ce qui les rend inutiles. Mais là n'est pas la question.

Réponds plutôt à la première, celle que tu esquives: qui paiera les baisses de rentrées fiscales inévitables et consécutives à l'initiative 1:12 ?

@Geo: l'anecdote est marrante. C'est vrai que tous ces blogs sont assez utiles pour se lâcher un peu :-) Sauf que c'est public...

Ecrit par : Philippe Nantermod | 08.10.2009

Nous en sortirons pas, puisque tu veux que le salaire du patron reste mirobolant et que les employés rament...

Dans ton raisonnement tu veux me faire croire que si cet argent n'ai pas versé au patron, il s'évapore... Si c'est vraiment le cas, ce que je ne crois pas un seul instant, ton système libéral, que tu défends avec verve, a un sérieux problème.

Tu m'expliques qu'il faut payer très cher les patrons afin de pouvoir bénéficier de rentrées fiscales, et pourtant il est prouvé que ceux-ci ne payent pas grand chose, puisqu'ils vont dans des cantons qui ne les taxent pas comme ils taxent les honnêtes travailleurs.

Toi-même dans d'autres postes tu l'écrivais, ce ne sont pas les très riches qui payent les impôts dont nous avons besoin, c'est la classe moyenne, donc si c'est la classe moyenne et ouvrière, que se soie celles-ci qui bénéficient de meilleurs salaires, cela se répercutera directement sur les impôts dont ils s'acquittent sans frauder.

Quand aux Ospel et consort, elle apprendront comme tout le monde à faire plus avec moins.

Ecrit par : Earl | 08.10.2009

"Une fois de plus, tu esquive la question centrale. Sachant que ces salaires ne SERONT PAS redistribués, qui paie la baisse des rentrées fiscales?"

L'argent ne s'évapore pas comme ça: si la masse salariale diminue, soit les clients profiteront d'une baisse de prix, soit les actionnaires toucheront un plus gros dividendes.

Et ça vous fait peur que de l'argent sorte des entreprises pour mieux rémunérer les actionnaires plutôt que de rester à l'intérieur sous forme de salaire ? Dans quel camps étiez-vous quand ce problème a été soulevé lors du débat sur la l'allégement de l'imposition des dividendes ??? Cette mesure va coûter 150 millions à l'AVS... Bizarre, dans ce cas là c'était pas trop grave, hein ?? ;-)

Ecrit par : PtitSuisse | 08.10.2009

Votre vision dans la défense des "patrons" est quelque peu bizarre. Vous défendez les salaires délirants des top managers au détriment de la rétribution des actionnaires. «Normalement» dans le canevas capitaliste, c'est le propriétaire qui s'en met plein les fouilles et pas l'employé.
Mais pour les employés Ospel ou Vasella, vous vous montrez particulièrement "gauchiste" dans la défense de leurs rétributions (on dirait Christian Levrat); parce que selon vous, ces gens sont investis de très lourdes responsabilités et que cela justifie leurs hauts salaires. Tout le monde sait que c'est un gag, que leurs responsabilités sont quasi nulles, et quand bien même ils auraient coulé la boîte, ils ne seraient pas inquétés. Quand il y a le feu dans la maison, on leur permet même de se débiner en douce en emportant encore quelques meubles.
Je préférerais donc que vous défendiez le propriétaire, c'est-à-dire des quantités de petits ruisseaux qui font les grandes rivières, ou des fonds de placement dont les preneurs sont peut-être des caisses de pension, etc. Ruiner les actionnaires institutionnels, c'est ruiner l'Etat.
C'est aussi en sur-payant ce type d'employés que l'on coule la boîte.

Ecrit par : robert | 08.10.2009

"Tu pars du principe que notre marché est planifié. C'est faux, notre économie est libérale. Je suis un défenseur de cette économie libérale d'ailleurs."

Ah la loi du marché, l'équilibre général des prix, la belle affaire !

Normalement, quand une ressource se raréfie et que la demande excède l'offre, la production se développe pour compenser le manque et ramener les prix à l'équilibre.

Dans le cas des top manager aux salaires de plus en plus exorbitants, il est clair que les lois du marché ne fonctionne pas ! On a jamais vu les salaires des infirmières atteindre des sommets même si elle sont en sous nombre.

Ecrit par : PtitSuisse | 08.10.2009

@Robert, je ne vois pas très bien où vous avez vu que je justifie ces salaires au nom de la responsabilité. Ils sont monstrueux, c'est vrai, mais ce n'est pas la question. La question est: veut-on les interdire (c'est ce à quoi revient l'initiative socialiste), et si oui, avec quelles conséquences.

@PtitSuisse: je n'ai pas dit que l'argent se volatilisait, mais simplement qu'il n'y a aucune raison pour qu'il serve à augmenter les salaires, mais, en effet, plutôt les dividendes des actionnaires. Le truces, c'est que les actionnaires peuvent décider unilatéralement de diminuer le salaire des managers pour augmenter leur dividende, ils n'ont pas besoin d'une initiative pour faire ce genre de choix à leur place.
Je ne défends personne contre une autre, c'est un raisonnement de gauche, de lutte des classes qui est à mon avis aujourd'hui complètement dépassé. La réforme des entreprises II a permis de corriger un grand nombre d'inégalités et d'injustices dans la fiscalité, surtout pour les petits patrons. L'initiative 1:12, en dehors d'offrir l'occasion de taper sur les plus indécemment riches, n'améliore le quotidien de personne. Pire, elle ne fera que diminuer la qualité de vie, pour les plus riches, et pour les plus pauvres.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 09.10.2009

Philippe Nantermod, c’est un peu la politique à court terme. D’ailleurs l’un de ses leitmotivs, lorsque quelqu’un s’insurge, c’est de répliquer un : « Et après ? ».
Les salaires des top managers ne le dérangent pas ? Et le manque de transparence lié à ces rémunérations ? Et le fait que les écarts entre les salaires se creusent inexorablement ? A long terme, ces inégalités, même dans un système d’économie de marché, créeront des tensions au sein de la population. Des tensions qui seront certainement prises en charge par l’Etat (assistance sociale, sécurité), donc finalement par nous, les citoyens de ce pays.

Philippe Nantermod, c’est aussi le sens de l’exagération lorsqu’il prétend que « cette initiative est un véritable siphon pour les finances publiques ». Si c’était vraiment le cas, Philippe Nantermod devrait vraiment s’inquiéter du pouvoir et de l’importance des rémunérations profitant à ce petit groupe de privilégiés.

Au moins, en dépit des mesquineries politiques, cette initiative a le mérite de soulever une thématique dont nous ne pouvons plus faire l’économie. Je me réjouis d’entendre Philippe Nantermod à ce sujet…

Ecrit par : wings | 09.10.2009

Quelles tensions ? Ces gens s'acquittent de leurs impôts et contribuent ainsi davantage que nous tous réunis sur ce blog à la solidarité.

Je crois que nous pouvons très bien faire l'économie de ce débat. L'idée que l'Etat et ses fonctionnaires arrogants se mettent à fixer l'échelle des salaires des entreprises privées me donne de l'urticaire.
La propriété privée fait que ce n'est pas à l'Etat de choisir ce que font les actionnaires de leur argent. S'ils souhaitent payer grassement les top managers, c'est encore leur problème. Cette question n'a rien à voir avec celle du salaire minimum qui découle d'une problématique de politique sociale et de protection de la partie faible dans le droit du travail (cela n'empêche pas que je sois opposé à l'idée d'un salaire minimum, mais c'est un autre débat).

Ecrit par : Philippe Nantermod | 09.10.2009

Quelles tensions ? C’est de la naïveté, de la méconnaissance ou de la bêtise??
Ne voyez-vous pas que les hautes rémunérations créent toujours plus de mécontentement au sein de la population? Comment faire croire qu’il soit nécessaire de payer aussi grassement quelques personnes qui reçoivent parfois en un jour une somme que certains mettent pas loin d’une année à gagner ? Comment expliquer que ces salaires sont souvent déconnectés de l’évolution du marché (Ex. UBS) et que les top managers s’en sortent même en temps de crises, alors que les actionnaires, les employés sont priés de payer les pots cassés ?
Il ne faut pas être devin pour se rendre compte qu’un creusement des inégalités salariales conduira, un jour ou l’autre, à de sérieuses tensions sociales. La stabilité d’un pays démocratique est notamment liée à une certaine cohésion de ses membres.
D’ailleurs, depuis la crise boursière, cette thématique est de plus en plus actuelle (notamment en France). Auparavant, en Suisse, Thomas Minder, patron d’une entreprise de cosmétique, a lancé une initiative sur laquelle le peuple sera appelé à s’exprimer. Cette initiative relève, contrairement à ce que vous semblez croire, que les actionnaires aient davantage l’occasion de s’exprimer, quant à la fixation des salaires (http://www.remunerations.ch/).

Ecrit par : wing | 09.10.2009

Bah, ca me paraît pas si grave que ça, ces soi-disant tensions. On peut trouver ces salaires monstrueux sans en faire une maladie non plus. Thématiser sur ce thème, c'est exciter les gens sur un sujet qui n'en est pas un, exactement comme fait l'UDC avec les étrangers. Mais bon, ça fait longtemps qu'on sait qu'UDC et socialistes rivalisent dans la mauvaise foi et le populisme.

Une bonne poignée de top managers surpayés, ce n'est pas ce que j'appelle le "creusement des inégalités salariales".

Tout à fait de votre avis sur l'initiative Minder par contre. Les sociétés peuvent déjà fixer dans leur statuts que l'enveloppe de la rémunération des cadres soit fixée par l'AG, mais peu l'ont fait. Je suis à ce propos favorable à cette initiative qui est à mon sens le contraire de la 1:12. Minder ne propose pas que l'Etat s'occupe de ces choses que ne le regarde pas.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 09.10.2009

Salut Philippe,

A force de te déresponsabiliser et de laisser faire le marché, tu ne résous rien, et tu reportes les problèmes à plus tard.

Une entreprise privée fait ce qu'elle veut... et l'état n'a pas le droit d'y fourrer son nez... cela commence à puer le sectarisme.
Il suffit de lire certains règlements interne de certaines entreprises, pour constater que la démocratie s'arrête aux portes de celles-ci.

Si l'état est si mauvais que cela, explique moi pourquoi les banques et les grandes entreprises, si performantes quand tout va bien, se retournent vers lui, lorsque les très compétents managers sur-payés l'ont coulés?
(UBS - General Motors... la liste est longue).

Tu n'as pas compris que le système ultra-libérale que tu défends porte en lui les germes de son auto-destruction.
Ceux-ci prennent, à cycle réguliers, généralement tout les 5 ans, la forme d'une crise, ou pour parler "commercial", d'un besoin de "déstockage".
Celui-ci s'effectue par la mise au chômage d'un certain nombre de personnes.

Jusqu'à maintenant et grâce à notre filet social, (merci à la Gauche) cela s'arrête à un déstockage (une crise) ayant comme conséquence la perte d'emplois, et dans le pire des cas, comme aux USA, la mise à la rue d'un certain nombres de familles et d'individus.

Sans ce filer social, (toujours un grand merci à la Gauche) sur lequel tu passes ton temps à cracher; nous nous retrouverions dans une situation pareille à celle de 1929.

Afin de se remettre sur pied, le capitalisme doit d'une manière ou d'une autre "déstocké", et là, la mise au chômage et la perte du logement n'ont plus d'effets.
Il faut donc passer des soldes périodiques, (chômage, perte du logement), à la vente totale des stock, (fermeture définitive) puis nouvelle ouverture.
Soit pour le genre humain, la guerre.

Ainsi le dégraissage sera adéquat, et le capitalisme pourrai repartir sur des bases amaigries.

C'est la guerre qui en dernier lieux sauve à chaque fois le capitalisme, et ceci se vérifie depuis plus de 500 ans.

Aujourd'hui l'Irak et l'Afghanistan, pour ne citer qu'eux, en sont les preuves les plus criantes.

Je te souhaite de connaître dans ton existence toutes les joies et les succès vers lesquels tu tends; et j'espère aussi que l'expérience et la confrontation à la réalité, te ferons comprendre que dans certaines situation, le culte que tu voues au "gagnants" (Ospel, Vasella, Madoff) n'est pas tout; et que ton individualisme et égocentrisme sur-dimensionné ne fonctionne que si tu fais partie des privilégiés, et au détriment de la souffrance que tu imposes aux plus démunis.

Amitiés.

Ecrit par : Earl | 09.10.2009

"La propriété privée fait que ce n'est pas à l'Etat de choisir ce que font les actionnaires de leur argent. S'ils souhaitent payer grassement les top managers, c'est encore leur problème. Cette question n'a rien à voir avec celle du salaire minimum qui découle d'une problématique de politique sociale et de protection de la partie faible dans le droit du travail (cela n'empêche pas que je sois opposé à l'idée d'un salaire minimum, mais c'est un autre débat)."


Je suis en partie d'accord avec vous, je trouve la stratégie des jeunes socialiste un peu maladroite. L'Etat ne doit pas se mêler directement des rémunérations au sein des entreprises privées, elle doit les tempérer à l'aide de la progressivité de l'impôt. Pour moi il faut fortement relever le taux marginal d'imposition au dessus d'un certain seuil (qui peut même être assez haut). Mais in fine le résultat escompté est le même: c'est diminuer les écarts de revenu net.

Comme on vous le faisait déjà remarquer, les grosses entreprises ne se gêne pas pour appeller l'Etat au secours quand ça va mal. Si, de par leur taille, elles ont droit un statut de protection particulier, eh bien les dirigeants de ces entreprises ont droit également à un statut fiscal particulier. Si ces gens là prennent des risques... sans risques (puisque l'Etat est là), eh bien ils ne méritent pas de prime de risque.

Je vois bien par exemple un impôt de "stabilisation du système financier" prélevés au dessus d'un million de revenu auprès de tous les dirigenants et cadres des grosses boîtes.

Ecrit par : PtitSuisse | 09.10.2009

Quand les sociétés font appel à l'Etat, ces mêmes règlent jouent toujours: l'Etat devient actionnaire, il a son mot à dire. J'entre volontiers dans une discussion sur le salaire des dirigeants de la Poste ou de Swisscom.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 09.10.2009

Mais pas de Novartis, UBS, Nestlé, Credit Suisse, EMS, ABB? Pourquoi?

Ecrit par : Earl | 09.10.2009

Parce que ces sociétés sont privées et ce sont les propriétaires de ces sociétés qui fixent les règles de gestion. Donc les actionnaires.

Pour Swisscom et la Poste, c'est la même chose: la Confédération est propriétaire, le débat est public, puisque les sociétés sont publiques.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 09.10.2009

L'Etat n'a pas son mot à dire jusqu'au sauvetage... et là il doit juste à passer à la caisse ?

Assurer la stabilité économique est un mandat donné à la confédération, non ?

Il est normal de faire payer ceux qui sont le plus à même de destabiliser le système, ou prende des mesures préventives, comme écarter les gens qui n'agissent que par pure cupidité.

Ecrit par : PtitSuisse | 09.10.2009

"Bah, ca me paraît pas si grave que ça, ces soi-disant tensions. On peut trouver ces salaires monstrueux sans en faire une maladie non plus."

Soit vous êtes naïf, ce que je me refuse à croire, soit votre position personnelle vous permet d'être détâché... Allez demander à la caissière qui tipe vos achat au supermarché du coin et toutes les personnes qui joignent difficilement les 2 bouts ce qu'ils en pensent. Eux, en proportion, sont bien plus nombreux que les tops managers et leur fonction tout aussi utile au quotidien. Wings a raison, les grands écarts de confort au sein de toute société crée du mécontentement et des tensions, il suffit de relire l'Histoire pour ne pas en douter.

Thématiser sur ce thème, c'est exciter les gens sur un sujet qui n'en est pas un, exactement comme fait l'UDC avec les étrangers. Mais bon, ça fait longtemps qu'on sait qu'UDC et socialistes rivalisent dans la mauvaise foi et le populisme."

Arrêtez d'adopter systématiquement une attitude partisane, svp, c'est fatiguant. Le Parti Radical n'est pas en reste lorsqu'il s'agit de faire valoir son point de vue, càd, sous couvert "de servir le peuple", favoriser systématiquement et avec hargne les nantis.

Ecrit par : Lucide | 09.10.2009

Donc tu serai prêt à ce que ces patrons touchent quelques dizaines de millions par an comme chez Nestlé, Novartis, UBS... C'est la loi du marché, n'est-il pas, et tu devrais t'y plier.

Ecrit par : Earl | 09.10.2009

@Earl Non, je pense que les entreprises publiques répondent à d'autres critères, n'ont pas les mêmes objectifs que les entreprises privées et ne peuvent pas servir des salaires comme Novartis.

Lucide, je crois que vous surestimez l'opinion communément relayée par la presse de boulevard. Les citoyens verraient volontiers leur salaire augmenter. Pas pour atteindre le niveau de Vasella, dont on se fiche, mais pour vivre mieux.

Et mes renvois à une politique partisane sont fort à propos: l'initiative 1:12 émane des jeunes socialistes, on ne va tout de même pas me dire que c'est énième collectif citoyen autogéré qui ne souffre d'aucun rattachement politique...

Ecrit par : Philippe Nantermod | 09.10.2009

Ainsi donc à responsabilités égales, tu veux empêcher le marché de fonctionner librement?
Tu veux empêcher le responsable de Swisscom de gagner autant que celui de ABB?

Tu parles de service publique et tu ments, puisque pour les radicaux celui-ci n'existe plus depuis longtemps et est soumit au même loi du marché que les entreprises privées.

Un mécanicien ne gagne pas CHF 250,000.00 francs par mois, parce qu'il travaille pour un garage privé, alors qu'un autre, avec les mêmes responsabilités, ne toucherai "que" CHF 5,000.00, parce qu'il travaille pour une entreprise d'état.

Ton raisonnement est un volcan de mauvaise fois.

Ecrit par : Earl | 09.10.2009

@ Philippe Nantermod
Je ne lis pas le Matin Bleu et je n'ai pas la télé, merci.
Par contre, j'ai des oreilles et des yeux et je parle aux gens :)

Je n'ai pas fait allusion, non plus à une volonté des citoyens de voir leurs salaires s'élever vers des cimes écoeurantes. Je dis juste que le pouvoir d'achat s'érode dangereusement depuis qqs années et que celà met beaucoup de personnes en difficulté et crée des working poors, d'où, un sentiment d'inéquité gargantuèsque et de farce par rapport aux fameux tops managers. Je dis aussi que l'Histoire se répète.

Concernant la politique partisane:
Bien sûr que cette initiative provient des jeunes socialistes.
Tout comme vous, mais pas sur le fond, je la trouve malhabile et démago.
Je souligne simplement le fait que la politique institutionnelle est souvent beaucoup trop partisane pour être intelligemment au service des citoyens et des situations et que c'est triste.

Bonne soirée

Ecrit par : Lucide | 09.10.2009

Le pouvoir d'achat, ça c'est un thème ! Pas les salaires d'une cinquantaine de top managers.
J'ai aussi des yeux, je discute aussi. Les gens se font du soucis pour leur salaire. Pas pour celui de Vasella. Evidemment, Vasella est un argument de rogne. De là à en faire une préoccupation véritable, je crois que l'on va un peu loin.

Pour la politique partisane, pas tout à fait d'accord. Nous avons besoin de politicien. La gauche n'est pas la droite, les idées varient fortement d'un parti à l'autre. Et c'est tant mieux. Le contraire reviendrait à éliminer le politique pour le remplacer par l'administratif, ce serait dommage.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 09.10.2009

C’est assez impressionnant comme l’on arrive à créer de faux débats. Cette initiative est un ramassis d’âneries les plus crasses. Croire une seule minute que ces revenus seront redistribués équitablement aux près de 100'000 employés de Novartis relève de la plus pure mauvaise foi. Avec $ 8.2 mia de bénéfices en 2008, cette entreprise, comme toutes les autres citées contribue largement au bien être social par le biais d’impôts, places de travail offertes. En limitant les salaires des Vasella et autres Brabeck nous ne contribuerons qu’à priver la Suisse de montagne d’impôts.

Accepter une telle initiative consiste purement et simplement à mettre à la porte ces sociétés ainsi que toutes celles qui se sont récemment implantées dans la région lémanique. (Procter & Gamble, Philip Morris, Cadbury, …) Est-ce vraiment ce que l’on souhaite ? Le fait qu’un top manager touche CHF 40'000'000 par ans n’est pas choquant et ne regarde QUE les actionnaires de la société.

Ecrit par : David B. | 12.10.2009

"Pour toi, de toute manière, un canton utile, c'est un canton avec 95% d'assistés qui vivent au crochet des 5% restant"

Ahh... ce fantasme d'une population de profiteurs, rêvant d'oisiveté payée... Non mais, Philippe, reviens un peu sur terre !!! Observe la population active (pas que les cadres stp) un peu mieux, et tire des conclusions plus dignes que celle-ci.
Cela me fait toujours pleurer de voir un tel paradoxe : la droite tire à boulets rouges sur les profiteurs de l'AI, les subventionnés, etc., mais glorifie les profiteurs "qui ont réussi". Tu dis préférer le capitalisme sauvage, mais as-tu conscience réellement que ses conséquences (car le capitalisme est-il autre choses que sauvage ? La crise devrait te le rappeler...) sont justement : les subventions, des conditions salariales et professionnelles qui poussent des ouvriers et employés à bout, dont quelques uns ont fait le pêché suprême de profiter de l'AI après avoir été abusés ?
As-tu aussi conscience de la proportion non négligeable de personnes exploitées professionnellement (je parle en connaissance de cause) ? Un nivellement par le haut, fut-il faible, aurait des conséquences extrêmement bénéfiques pour la Suisse : réduction des coûts de la santé (car une proportion énorme des coûts de la santé est liée aux mauvaises conditions travail, stress, surcharge, etc.), augmentation de la consommation, réduction des subventions.

Tu affirmes ne pas croire une seconde à un nivellement salarial par le haut. Penses-tu que les salariés extrêmement bien payés se suffiraient de 12 fois plus que le salarié le moins bien payé ? Je suis absolument persuadé que si cette initiative passe, elle forcera la main aux patrons d'entreprises à redistribuer la masse salariale. C'est une initiative définitivement socialiste, car elle lie le salaire le plus haut à celui le plus bas. Un exemple de réussite ? La Banque Alternative Suisse, qui limite le salaire le plus haut à 2,7 fois plus que le plus bas. Cette banque a une croissance de 7% par année, sa base éthique ne la pénalise donc absolument pas.

Je suis persuadé qu'une transition entre un capitalisme sauvage et un libéralisme écologique et social où les patrons ont comme but PREMIER de participer au bien commun (celui des employés et celui de la population par le biais des produits) est possible, et qu'elle n'est pas une utopie irréalisable.

http://domainepublic.blog.24heures.ch/archive/2009/04/25/apres-la-crise-revenir-aux-sources-du-liberalisme.html


ABE salut

Ecrit par : Gaël | 19.01.2010

Ah oui, et regarde et analyse définitivement le film "Let's Make Money". Il t'aidera à revenir à une réalité mondiale que tu refuses de voir, par ignorance certainement puisque je ne crois pas que tu aies de mauvaise foi.

Ecrit par : Gaël | 19.01.2010

Ce qui est marrant c'0est de voir certains faire une loi général parce qu'une poignée de dirigeant se font "des millions".

Cela dit, pour ma part, dans les idées "socialistes" qui consistent à niveler par le bas l'idée du 1:12 est l'approche la plus constructive que je trouve (oulala ca va étonner certain, je sais...) . Bien qu'il reste à définir le 1:12 par autre chose. Ex 1:20 à partir d'un chiffre d'affaire de X et de 1:12 à partir d'un chiffre d'affaire.

Car après tout, ca n'empechera pas Vasella de gagner 40 millions si le salaire le plus bas est de 3.3 millions...
Cela dit, ca ne me pose absolument pas de problème qu'un Patron gagnent des millions s'il respecte aussi ses employés. Et il ne faut poas oublié que sans les dizaine de milliers d'employé de l'entreprise, Vasella ne pourrait pas gagner son salaire. Et ce qui est assez interressant de constater c'est que les "diplomés" qui veulent socialiser le salaire en entreprise, sont ceux aussi qui justifie le montant de leur salaire, excepté pour ceux qui ont laissé les études de coté pour créer leur entreprise (ex: Bill Gates).


Par contre ce qui me gêne toujours c'est certains commentaire gratuit, facile, "y'a les gentils d'un coté, y'a les méchants de l'autre".

Ecrit par : DdDnews | 09.03.2010

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