25.08.2009
Merci Hans Rudolf Merz
Hans Rudolf Merz n'a pas vendu la Suisse. Il a présenté des excuses, et il a bien fait.
Ma fierté, ce n'est pas un drapeau rouge et une croix blanche. Ma fierté, c'est mon pays quand il fait passer la vie et la liberté de deux de ses citoyens avant une pseudo dignité digne de romans moyenâgeux. Ce sont les dictatures qui tuent pour l'honneur. La Suisse, elle, sauve des vies plutôt que son "honneur".
Que les otages soient libérés ou pas cette semaine, l'action de Merz était la bonne: privilégier l'individu avant la tribu. Et cette action sera, j'en suis sûr, couronnée de succès.
Il est à se demander pourquoi avoir laissé la situation pourrir à ce point, alors qu'il aurait sans doute suffi de mettre de côté notre fierté et de réfléchir un peu raisonnablement.
Ni la Suisse, ni le canton de Genève ne doivent se prendre pour des Zorros et donner des leçons à la planète entière. Le DFAE s'est déjà planté en Israël, à croire pouvoir tout régler, il a tout fait faux en Libye aussi. Il est intéressant de constater que c'est aujourd'hui le Département des finances qui répond aux questions des médias et que le ministre des finances pourrait être le responsable du premier vrai succès des affaires étrangères suisses de l'année, si ce n'est de la décennie.
Merci Hans Rudolf Merz, je suis heureux de vous avoir comme président.
19.08.2009
0.4% pour la solidarité entre les générations
L’Assurance invalidité se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs électoraux, et il est presque certain que ce n’est pas la dernière fois. La vieille institution bien utile, parfois décriée, constitue un peu notre sécu et son trou, en langage hexagonal. Déficitaire, des mesures drastiques ont déjà été entreprises : la 5e révision de l’AI a passé le cap du référendum et la 6e est dans le collimateur. On peut déjà affirmer que la cinquième a rempli son rôle puisque le nombre de nouvelles rentes annuelles s’est stabilisé. Cette première étape essentielle dans le processus de sauvetage de l’institution est suivie maintenant par la question qui fâche : qui doit reboucher le trou ?
Aujourd’hui, la baignoire qui fuit un peu moins est dangereusement vide. 13 milliards de francs de dettes ont été accumulés au fil des années et grèvent directement le fonds AVS ; les deux institutions ont été créées ensembles et sont juridiquement liées.
Qu’on le veuille ou non, ces milliards devront être remboursés. Si rien n’était entrepris fait, l’argent serait inévitablement pris sur le ménage courant AVS/AI, c’est à dire sur les cotisations paritaires des citoyens qui travaillent. En tant que jeune permettez moi de râler. En matière d’assurances sociales, ma génération est celle qui hérite des plus mauvais comptes de l’Histoire et d’un défi démographique à vous empêcher de dormir. AVS, LPP, Assurance chômage, LAMal, toutes les institutions sociales de Suisse comptent aujourd’hui sur des actifs riches et sympas pour payer les pots cassés, et il est exclu de répudier la succession.
La solidarité a un prix, prix que les générations qui n’ont pas connu les trente glorieuses s’apprêtent à payer. Il serait profondément injuste que les actifs passent seuls à la caisse pour la dette AI. Le gouffre a notamment été creusé pendant la décennie écoulée et chacun doit mettre la main au porte-monnaie. C’est ce que propose le Conseil fédéral avec un financement complémentaire via la TVA. Passer de 7.6% à 8% de TVA pour quatre ans, c’est s’assurer que les actifs et les rentiers contribuent ensembles au renflouement de l’un des comptes les plus rouges de notre Etat. Qui s’oppose à ce financement complémentaire accepte simplement de laisser les générations actives se charger de payer seules la note.
De leur côté, les opposants au financement complémentaire font dans le simplisme : « il y a qu’à » tailler dans les prestations et la dette s’envolera comme par magie. Je fais partie de ces esprits chagrins qui voient mal l’AI devenir une entreprises super rentable, malgré les diverses révisions à venir. Tâchons déjà de réparer l’évier qui fuit avant de le transformer en puits de pétrole.
Comprenons plutôt que, même si on gelait les nouvelles rentes AI, la dette faramineuse existerait toujours et des solutions de financement devraient quand même être trouvées. C’est notre défi aujourd’hui : soit on attend et on laisse l’AVS sombrer avec l’AI, soit on prend les devants et on règle dès maintenant ce problème, histoire de ne pas laisser toutes les casseroles percées aux jeunes générations. C’est une question de solidarité intergénérationnelle et c’est pour cela que je voterai OUI le 27 septembre prochain.

