01.11.2008
Un peu de fair play...
La campagne sur le droit de recours des organisations adopte enfin un bon rythme. On voit ici et là des affiches et des annonces, des courriers de lecteur, des débats. En tant que coordinateur romand de la campagne pour le OUI, je suis avec intérêt celle des opposants… et je suis choqué par les mensonges et le populisme des tenants du NON.
Vous ne me croyez pas ? Prenons leur affiche à propos de Lavaux. Vous ne vous souvenez pas des initiatives « Sauver Lavaux » ? Il ne s’agissait pas d’un quelconque recours d’organisations, mais de l’usage des droits populaires. C’est exactement la manière de protéger l’environnement que nous prônons : avec la démocratie, et pas contre cette dernière. Les associations emploient ainsi une image très émotionnelle (Lavaux est probablement un des paysages les plus appréciés de Suisse) alors que sa protection n’a strictement rien à voir avec le droit de recours.
Les associations rétorqueront qu’il y a quelques points de détails qui ont été réglés par voie de recours. C’est vrai, mais il s’agissait de recours contre des décisions administratives – et pas contre une décision du peuple ou d’un parlement – et donc exclue du champ d’application de l’initiative. Premier mensonge, donc.
Continuons. L’affiche prétend que nous voulons supprimer le droit de recours. Ceux qui ont lu le texte de l’initiative auront bien compris qu’il n’est question que d’une limitation – forte je l’admet – du droit de recours, mais pas de sa suppression. Deuxième mensonge.
Ensuite. « L’initiative du PRD Zürichois ». Rien n’est plus faux. L’initiative a été élaborée par les jeunes radicaux valaisans en 2003, bien avant l’affaire du Hardturm. Pour gagner, les opposants cherchent à monter les Suisses les uns contre les autres. Ils veulent que nous montrions les Zürichois du doigt et déclarions en cœur : « bien fait pour vous » ? Troisième mensonge.
Bref, les associations veulent nous coller l’étiquette de pollueurs. Elles nous font des procès d’intention lorsqu’elles déclarent que nous voulons détruire la protection de l’environnement. Tout cela relève de leur éternelle rhétorique qui devient vraiment infernale : les associations sont de preux chevaliers, des gentilles, contre les ignobles bétonneurs, les méchants.
Elles n’ont malheureusement pas d’exemple pour étayer leur argumentation et doivent mettre en avant Lavaux, qui a été protégé par le droit d’initiative et pas par le droit de recours. Par contre, nous en avons des exemples de projets bloqués avec des emplois à la clef : Amgen à Galmiz, BASF à Evionnaz, Eurogate à Zürich, le barrage du Grimsel, développement des domaines skiables des Portes du Soleil, Tête de Balme, Golf de Grimisuat, parking de la gare de Fribourg, circuit automobile de Vendlincourt, IKEA Rothrist. Et il y en a beaucoup d’autres…

