01.08.2008
Mon discours du 31 juillet
Chers amis morginois, chorgues, valaisans, suisses, et aussi chers amis d’ailleurs. Chers Confédérés.
C’est avec un immense plaisir que je prend la parole ce soir, devant vous, en cette veillée de fête nationale.
Je suis né à Morgins, j’y ai grandi, j’y ai fait mes écoles et c’est ici que je deviens petit à petit un adulte. Ce soir, c’est en tant que morginois et vice-président d’un parti politique de jeunes que vous me faites l’honneur et le plaisir de pouvoir m’exprimer. Je dois avouer que j’en suis extrêmement touché. Un peu intimidé aussi. J’espère être à la hauteur.
Nous fêtons ce soir notre pays, la Suisse. Les étrangers qui sont parmi nous la connaissent certainement par ses clichés. La Suisse est pour beaucoup une terre de fromages et de chocolats, ou de banques et de montres, ou encore d’exile et de pilatus, selon que vous veniez d’Europe, de Russie ou d’Afrique. Les hollandais et anglais vous parleront du ski, les petits propriétaires américains, de l’UBS, les japonais du Cervin et du pont de Lucerne.
On a tous au fonds de notre cœur une facette de la Suisse qui nous enorgueillit plus qu’une autre. Pour moi, cette facette, c’est un monument trop mal connu: l’auteur bernois Friedrich Dürrenmatt. A défaut d’avoir réussi à me faire parler l’allemand, ma professeur du collège m’a au moins transmis une passion pour cet écrivain.
Un soir de fête nationale, on peut répertorier les qualités de notre Suisse, on peut aussi relever ses traits de caractère que l’on changerait volontiers. Et cela parce qu’on l’aime, ce pays.
Je ne veux pas vous ennuyer ce soir avec des théories littéraires, mais reprendre une pièce de Dürrenmatt que je trouve assez drôle et qui illustre bien une de nos particularités, de celles que je changerais si un génie me le proposait.
Cette pièce s’intitule Hercule et les écuries d’Augias et date du début des années 1990. En quelques mots, l’histoire se passe à Elide, petite ville grecque dont la particularité est d’être recouverte de fumier depuis des décennies. Jusqu’au premier étage de tous les immeubles, le lisiers donne une couleur assez typique mais peu plaisant à la ville.
Les citoyens décident alors de convier Hercule pour nettoyer une fois pour toutes les rues de la capitale. Le surhomme débarque en fanfare, chaque habitant étant très pressé de voir son quotidien changer.
Avec une grande rigueur, un citoyen fait remarquer qu’il serait peut-être quand même nécessaire de respecter les procédures en vigueur en prenant une décision conforme aux lois et autoriser officiellement Hercule à entamer ses travaux. L’Etat reste l’Etat, pareille décision ne doit pas se prendre à la va-vite, c’est compréhensible.
Le gouvernement se réuni donc, prend une décision après une semaine. Cette décision se résume simplement : « Conscients de la nécessité de nettoyer les rues d’Elide, nous tenons à consulter les autorités sanitaires, culturelles, intérieures et financières avant d’entériner une décision que chacun soutient». La boîte de pandore est ouverte. S’ensuit des semaines de discussions, de débats, de commissions, de sous-commissions, de rapports de majorité ou de minorité. Et chacun de ces rapports débute par la même rengaine : « Conscients de la nécessité de nettoyer les rues d’Elide ». Les questions culturelles, hygiéniques, financières, sécuritaires, tout y passe.
Au bout d’un certain temps, Hercule est obligé de subvenir à ses besoins, et trouve du travail dans un cirque, en attendant la décision définitive des autorités. Plus tard et financièrement en bout de course, Hercule accepte finalement une offre d’emploi étrangère et s’en va nettoyer d’autres rues sous des cieux plus cléments. Les citoyens, pourtant tous convaincus de la nécessité de nettoyer la capitale, se congratulent et se félicitent du respect dont ils ont fait preuve vis-à-vis de la procédure et de leurs propres règles. Rien n’a été mal fait, forcément puisque rien n’a été fait.
Mesdames, Messieurs. Cette petite histoire illustre peut-être une de nos spécialités. Ne manque-t-on pas chez nous de courage à prendre des décisions ? A prendre des risques ? Une espèce de peur de nos propres talents, une peur de nos propres désirs ?
Je crois que nous aimons tous notre pays, faute de quoi nous ne fêterions pas le pacte scellé par nos ancêtres il y a plus de 700 ans. Mais j’imagine que vous avez tous en tête une de ces fameuses décisions qui n’a pas été prise, car une solution meilleure était possible, alors que tout le monde s’accordait sur l’urgence de l’action. J’ai moi-même parfois estimé qu’il valait mieux ne rien faire que de choisir un projet trop aboutit pour être réalisé.
Prenons l’exemple de nos trains. Nous refusons depuis des années de parler de TGV en Suisse parce qu’une solution meilleure est soi-disant possible, Swissmetro. Le résultat : nos trains sont parmi les plus lents d’Europe. Mais nous sourions toujours en voyant ces trains à grande vitesse, puisque nous savons que nous aurons un jour un métro circulant à 800 km/h. Et pendant ce temps, on voyage toujours à 80 km/h entre Lausanne et Berne…
Nous pouvons commettre des erreurs, nous en avons même le droit, peut être parfois le devoir. Comme on le dit – le mieux est l’ennemi du bien. A toujours vouloir mieux, à vouloir tourner sa pelle sept fois avant de creuser, on provoque un immobilisme complet.
Le 30 novembre, vous serez appelés à vous prononcer sur une initiative fédérale dont le but est de limiter les blocages induits par quelques associations de protection de l’environnement. Pour toutes ces raisons, je soutiens cette initiative. Loin de moi l’idée de vouloir gâcher notre nature, au contraire. Mais nous devons apprendre à avoir le courage de prendre des décisions plutôt que de nous perdre dans un formalisme excessif et permanent.
Dans son histoire, Dürrenmatt nous montre qu’Hercule ne suffit pas : la bureaucratie peut étouffer les meilleurs talents. Nous devons trouver en chacun de nous un peu de Hercule, pour faire en sorte que la Suisse de 2028 ne soit pas exactement celle de 2008. Un peu d’audace, Mesdames et Messieurs, c’est à ce prix que s’est construit le pays que nous célébrons ce soir. Soyons courageux, soyons Hercule, et nous déplacerons des montagnes.
J’aimerais vous remercier pour votre présence, dans ce petit village frontalier qui recèle tant de charmes. Mon village, qui comme beaucoup d’autres, a subi ces dernières années les blocages induits non pas par le manque de moyens, mais par le manque de courage. Qu’il est agréable de vivre en Suisse aujourd’hui. Au nom de ceux de ma génération, celle qui bénéfice de la qualité de vie que nous connaissons, j’aimerais dire merci à nos prédécesseurs. Et je souhaite aussi que nous poursuivions le travail entrepris et qui ne doit jamais se terminer, que notre pays soit mieux, plus beau, plus réussi demain qu’aujourd’hui ! Bonne fête nationale, vive la Suisse !
Discours prononcé à Morgins le 31 juillet 2008


Trackbacks
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Commentaires
Il est parfait, votre discours. Quand vous le relirez dans dix ans, vous n'aurez qu'une envie : vous flanquer des claques. Les promoteurs auront sarcellisé votre bled, le chalet de vos parents se trouvera perdu au pied d'immeubles gigantesques.
C'est pas trop grave, remarquez. Morgins, c'est un peu un trou moche. Faites un peu de l'avion et survolez ce bled : vous aurez l'impression que les gens de là-bas vivent comme des bestioles dans les rainures du plancher.
Bon courage pour votre discours de l'an 09...
Ecrit par : Géo | 01.08.2008
Tout à fait d'accord avec Géo concernant ce prétentieux discours du 1er Août
de cette tête à claques...Quant à Morgins,il n'y a pas besoin de prendre l'avion
pour "apprécier" le travail des promoteurs valaisans depuis les années 70
Ecrit par : Nguyen | 02.08.2008
Géo, nguyen, vous n'avez rien pigé! Les vrais empêcheurs de bétonner en rond, ce sont pas les écolos, car ceux-ci ne font recours que quand c'est justifié (... et gagnent leurs recours). Les vrais partisans du formalisme excessif et permanent, les vrais diminueurs de croissance, ce sont les privés qui font opposition à tout bout de champ, même à de réels projets d'utilité publique respectant toute les normes écologiques, pour des motifs purement égoïstes et de plus en plus souvent de manière quérulente. Mais ça, l'initiative de Nantermod n'en dit rien. Si elle passe, exit les recours pour non-respect de la protection de la nature et bonjour la multiplication des recours de voisins fâchés! Les morginois et les confédérés peuvent dormir sur leurs deux oreilles: y'aura pas de gratte-ciel dans le champ d'à côté!
Ecrit par : christian constantin | 02.08.2008
Joli discours, avec une référence sympa à Dürrenmatt . Dommage, tout de même, qu'il n'est pas réussi à vous convaincre d'apprendre l'allemand...en Suisse, c'est quand même important, non?
A propos des pactes signés il y a 700 ans, Le Temps de hier et avant-hier proposait le compte-rendu d'une nouvelle étude historique sur le rôle des cantons alpins dans la fondation de la Suisse et la datation de ces pactes, dont la Charte de Brunnen qui, apparemment, date de la fin...du 19ème siècle! Voici les liens:
http://www.letemps.ch/template/laUne.asp?page=2&article=236906
http://www.letemps.ch/template/tempsFort.asp?page=3&article=236912
http://www.letemps.ch/template/tempsFort.asp?page=3&article=236899
http://www.letemps.ch/template/tempsFort.asp?page=3&article=236907
Pour ce qui est de l'initiative visant à rogner la marge de recours des associations écologiques, je pense aussi qu'elle rate en grande partie sa cible. S'il est vrai que certaines de ces organisations ont tendance à faire de l'opposition doctrinaire, elles ne représentent de loin pas le principal obstacle aux constructions d'utilité publique, même lorsque toutes les normes possibles et imaginables sont respectées. Comme le montre le cas de Genève, où les habitants semblent souffrir d'une forme particulièrement aigüe du complexe "not in my neighbourhood", ce sont en général les voisins qui se montrent les opposants les plus égoïstes, souvent jusqu'à l'absurde. Or, cette initiative n'y fait absolument pas référence. Si les associations écologiques, qui très souvent font du très bon travail de recherche et d'observation de l'évolution de notre environnement, se voient couper leur principale voie de recours, je ne serais pas étonnée qu'elles se mettent à passer systématiquement par les voisins (oppositions de voisinages) et les instruments politiques. Déjà que l'UDC essaie de nous faire voter sur tout et rien, y compris les normes de constructions religieuse qu'ils veulent faire entrer dans la constitution (cf. initiative anti-minaret), à ce train-là, les outils du référendum et de l'initiative risque vraiment de s'en trouver complètement galvaudés. Sans compter que l'on aura pas forcément réduit la capacité de nuisance de certains. Pour atteindre un résultat contraire à celui poursuivi par l'initiative.
Sinon, bonne chance pour votre engagement politique! Ganbatte Ikimasshoi (allez, faites de votre mieux!), comme disent les Japonais!
Ecrit par : Greypowered | 02.08.2008
Merci pour vos commentaires. A propos de l'initiative sur le droit de recours des organisations et les recours des particuliers, je tiens à souligner que nous naviguons dans deux domaines complètement différents.
Le recours d'un particulier découle de la garantie de la propriété: vous possédez un terrain, une habitation, vous avez un droit à ce que votre droit de propriété ne soit pas limité par les autres de manière illégale.
Le recours des organisations est un droit d'exception. Les associations n'ont aucun intérêt particulier à mettre en avant, à moins que l'on déclare qu'elles sont propriétaires de la nature. Notre initiative ne vise pas la suppression de ce droit, mais seulement l'empêche dans les cas où un parlement ou le peuple a pris position sur une question particulière. Dans le première cas de figure, un référendum est possible, dans le second, c'est au cours de la campagne que les organisations doivent convaincre, pas devant les tribunaux par la suite. Le recours contre des décisions administratives reste de toute manière ouvert.
Contrairement à ce que certains prétendent ici, nous n'avons aucune envie de détruire nos villages ou notre nature. Mais le tourisme est pour nous aussi essentiel que le sont les banques ou les pharmas dans d'autres cantons. Pour que cette économie puisse perdurer, nous avons besoin de faire des investissements, dans des remontées mécaniques, de l'hôtellerie et autres.
Prétendre que nous gâchons nos villages par des tours n'est que pur mensonge, au contraire. Les exigences actuelles en matière d'aménagement du territoire vise plutôt la concentration de l'urbanisation et non sa dissémination dans le territoire. Si vous voulez accueillir des milliers de touristes dans des stations de ski, il vaut mieux deux tours que cinquante hectares de petits chalets vides la moitié de la saison. Si des erreurs ont été faites dans les années 1970 en Valais, je vous rappellerai que d'autres cantons ont aussi suivi les modes alors en vigueur, et pas seulement des cantons montagnards.
Nous avons besoin de ces investissements, ils nous amènent nos revenus à la fin du mois. Et, enfin, ceux qui n'aiment pas Morgins ne sont pas obligés d'y venir, c'est un village qui plait à beaucoup de monde vu la quantité de personnes qui s'y déplacent en saison.
Ecrit par : Philippe Nantermod | 02.08.2008
"... à moins que l'on déclare qu'elles sont propriétaires de la nature"
Vous soulevez là un joli lièvre, Monsieur Nantermod! En fait oui, à qui est la nature?
Est-ce que tout doit être propriété de quelqu'un ou même de tous ? Si cela devait être de tous -avec l'idée que propriété c'est aussi responsabilité- qui en est responsable? Est-ce que ce sont des politiciens ou des scientifiques, des Verts ou des écologistes de profession?
Ecrit par : Père Siffleur | 03.08.2008
Il est étonnant de voir à quel point on peut être à la fois jeune (pas son âge) et vieux dans sa tête. Votre initiative, à la solde des bétonneurs de paysage les plus acharnés va couper les ailes aux associations dont presque tous s'accordent à dire qu'ils font un très bon travail et gagnent leurs recours parce qu'ils sont justifiés et bien fondés. C'est un un bien mauvais service que vous rendez à votre parti qui essaie, malgré tout de relever la tête, en particulier à Genève. On aurait souhaité que votre énergie politique soit consacrée à de vraies causes.
Ecrit par : hadrien | 03.08.2008
Juste un détail : "dont la Charte de Brunnen qui, apparemment, date de la fin...du 19ème siècle! " du commentaire de Greypowered est complétement faux, bien évidemment. Si tel avait été le cas, la première question à se poser eût été : qui a volé l'original, pourquoi découvre-t-on un manuscrit du XIXème à la place.
Mais pas pour les intellos du type Greypowered, enthousiasmée par le fait que l'on puisse encore salir qqch de la Suisse ! On a les jouissances que l'on peut...
Ecrit par : Géo | 04.08.2008
Bravo, c'est un très beau discours, je pense que d'ici quelques années vous deviendrez un bon politicien. Gardez le moral et au diable la jalousie de vos adversaires :)
Ecrit par : un envieux | 07.08.2008
Monsieur l'envieux,
Assez de beaux discours! Dites-nous plutôt ce que vous entendez par "bon politicien? Et profitez de nous donner quelques exemples.
Pour ammorcer le débat voici quelques pistes:
Leuenberger Ueli (président des Verts suisses): un politicien aux dents longues et probablement aux idées courtes qui voudrait remplacer l'homonyme suivant:
Leuenberger Moritz (???): ... Mais qui c'est celui-là!
Vuilleumier Marc (ancien popiste et municipal lausannois en route pour Pékin):
il a remplacé l'éthique par les tics de tous les politiciens: s'accrocher à une parcelle de pouvoir.
Calmy-Rey Micheline: (Conseillère fédérale et soit-disant socialiste): Une politicienne qui est de "mèche" (blonde?) avec tous ou presque: Kahdafi ne veut pas la recevoir.
Ecrit par : Père Siffleur | 10.08.2008
Lobbying: le lobbying est une activité qui consiste à procéder à des interventions destinées à influencer directement ou indirectement les processus d'élaboration, d'application ou d'interprétation de mesures législatives, normes, règlements et plus généralement, de toute intervention ou décision des pouvoirs publics.
Nantermod: Famille Chablaisienne aisée, qui possède, entre autre, une grande part dans l'entreprise des remontées mécaniques de Morgins.
Philippe Nantermod: petit garçon naît dans un milieu aisé qui désire transformer le monde à l'avantage de ses pairs.
...L'ambition, c'est nécessaire pour avancer dans toute entreprise humaine, mais pas au détriment des autres. Le parti Radical s'affiche enfin pour ce qu'il est à travers vous, jeune homme, et tout ses beaux discours: le parti des gens aisés qui veulent le rester au mépris des autres et...j'aime pas les requins!
Ecrit par : Lucide | 12.08.2008
Cher Lucide,
Ce que vous dites sur ma famille est vraiment inexact. Mon père travaille dans le tourisme, c'est vrai, je n'ai jamais caché que c'était un milieu dont j'étais proche. Mais c'est aussi le cas des gens qui vivent dans mon village, ma région, les montagnes en Valais, etc. Je ne vois pas où vous voulez en venir. Au détriment de quels autres ? Est-on choqué de voir un paysan défendre l'agriculture en Suisse ? Est-on choqué d'entendre les banquiers défendre le secret bancaire ?
Oui, je suis concerné par le milieu du tourisme, dois-je y voir une honte ? Dois-je pour la peine défendre la Goldenküste ? Je ne vois pas ce qui fait de moi un requin.
Ecrit par : Philippe Nantermod | 12.08.2008
Cher Philippe Nantermod,
Votre village, votre région, vos montagnes appartiennent à bien d'autres personnes qu'à vous-même et vos proches et vous ne possédez certainement pas le monopole de la parole en ce qui les concerne.
Les agricultures nationales sont une nécessité, un bien et pas un produit: il est logiques qu'elles se défendent d'une économie prédatrice.
Le secret bancaire et sa défense, il devient sordide quant on prend conscience de ce qui se trâme à l'ombre des grandes banques, mais c'est un autre discours et un problème d'éthique...
Vous concernant, je vois transparaître dans chacun de vos discours politiques une mise au pilori de vos adversaires politiques. Les gens de sensibilité de gauches deviennent des gauchistes dangereux, les verts, des "écolos" idéalistes, les gens de l'UDC, des extrémistes ignares, les gens du PDC, des mous indéfinis...La meilleure défense, c'est l'attaque. Dès lors, qu'avez-vous à défendre si hardemment?
Ce qui me fait dire que vous protégez votre caste et famille politique avec ferveur et en dénigrant les avis contraires et en cela vous faîtes de la politique institutionnelle agressive et lobbyiste, sans souci de collaboration ou simplement de respect par rapport à des idées intelligentes venant d'une "autre" famille. Et c'est une attitude de requin.
C'est aussi tout ce qui ennuie une majorité de personnes qui se disent désintéressé par la politique institutionnelle et ses guerres de clochés. Ils en oublient que La Politique est plus vaste que ce système institutionnel galvaudé et partisant que vous alimentez hardement.
Soyez plus généreux, s'il vous plaît, et moins carriériste.
Ecrit par : Lucide | 12.08.2008
Cher Lucide,
Oui, les montagnes, mon village ne m'appartiennent pas. Où voulez-vous en venir ? Que je n'ai pas le droit de les défendre ?
Je ne sais pas pour qui vous vous prenez, à prétendre que l'agriculture mérite d'être défendue, le tourisme et les banques pas. Je vous ferai remarquer que ces deux dernières domaines font vivre un nombre considérable de personnes et de familles.
L'attaque, vous la faites en vous en prenant à moi et à ma famille, en avançant des arguments qui n'en sont pas. Venons-en sur le fonds, sur le droit de recours si vous souhaitez débattre ici.
Quant à mon discours vis-à-vis des autres partis, je vous ferai remarquer que j'ai toujours été ouvert à la collaboration avec d'autres partis, en particulier avec le PDC. Que voulez-vous, je ne partage que très peu de valeurs avec les UDC, les socialistes ou les Verts. Je pense que mes valeurs sont meilleures, mieux défendables et meilleures pour la Suisse. Sinon je ne ferais pas de politique. Car celle du "tout se vaut" ne m'intéresse pas.
Ecrit par : Philippe Nantermod | 12.08.2008
Cher Philippe,
Vous avez le droit de défendre les montagnes, les papillons et les fleurs de nos alpages, mais vous n'en êtes pas le messie, voilà la petite subtilité de mon discours qui vous a échappé.
Les banques méritent d'être défendues, mais en prenant en compte le côté éthique de la chose: il ne faut pas tout confondre et l'on ne peut pas mettre les 2 activités sur le même niveau (bien et produit ne sont pas similaires). Et bien sûr, je respecte les gens qui travaillent dans ce type d'activité, pourquoi leur manquer de respect?
Quant à votre famille, si mes propos vous ont choqués et si vous considérez que c'était une attaque gratuite et bien, s'en était une. Excusez le procédé; vous l'employez en diabolisant des associations et autres groupements et je voulais politiquement vous rendre la pareille. Encore une fois, excusez le procédé.
Vous partez en politique comme en religion, en croisade avec la vérité absolue sous la main et c'est ça qui m'irrite dans ce discours comme dans d'autre: ça sent le renfermé et le moisi. Vous prônez l'ouverture, mais en êtes incapable quand les idées viennent d'ailleurs et pourtant si peu loin, c'est triste.
Je ne suis pas un adepte du "tout se vaut" et "tout est relatif", loin s'en faut: ceci est une position extrêmement bête que je n'ai pas prôné ici. Pourquoi me l'attribuer?
Je pense votre engagement sincère et ne saurais le dénigrer, bravo pour votre investissement. Je me contente de mettre en lumière ce qui me semble être une focale très réduite sur une situation complexe.
Veuillez constater que je ne suis pas hors sujet, mais me contente d'élargir la cible du débat.
Bien à vous.
Ecrit par : Lucide | 12.08.2008
Cher Lucide,
Je ne vois pas sur quelle théorie économique vous vous appuyez pour distinguer bien et produit. J'ai de la peine à saisir le fonds de votre pensée.
Je n'ai pas prétendu être le messie de la montagne, loin de là. Je m'oppose au droit de recours des associations, c'est tout.
Je ne demande pas que les associations se taisent, au contraire. Ce que nous demandons, c'est qu'elles participent aux campagnes de votation, qu'elles fassent du lobbyisme comme tout le monde et qu'elle ne bénéficie pas de droits d'exception (comme c'est le cas du droit de recours).
En matière d'intégrisme de la pensée, je crois que vous vous trompez largement. J'ai souvent pris des position opposées à celles de mon parti, ce qui n'a rien d'extraordinaire. Mais s'il y a bien des milieux qui refusent toute discussion, c'est bien les milieux pro-environnementaux. Ces milieux prétendent détenir la vérité, car ils auraient la nature avec eux, et par extension une espèce de Dieu. D'ailleurs, le discours écologiste est emprunt d'un message culpabilisateur et d'un moralisme incroyable. En entendant le credo de certains pontes des Verts, j'ai l'impression de retourner à l'Eglise et écouter la bonne parole. Sur ce sujet, je vous renvoie à l'excellente lettre ouverte de Charles Poncet dans l'Hebdo à l'attention de Bastien Girod.
A+. Philippe
Ecrit par : Philippe Nantermod | 12.08.2008
Cher Philippe,
Un bien regroupe tout ce qui est nécessaire à l'homme, appartient au partimoine naturel et lui procure une qualité de vie, sa dignité (eau, aliments, environnement, biodiversité...). D'une manière absolue (je dis bien absolue), le bien appartient à tout un chacun et tout un chacun y a droit.
Un produit est issu d'une production par l'homme, qui lui ajoute une valeur ajoutée marchande et s'échange contre une valeur (automobile, service bancaire,...). La valeur du produit est régulé par le marché.
Une patate est un bien et un produit: elle se marchande, mais en laissant le marché la réguler, nous risquons de nous retrouver avec une seule espèce de patate dans nos assiettes, ce qui diminuerait notre qualité de vie.
Concernant Charles Poncet, il ne figure pas dans la liste de mes maîtres à penser...
Concernant les associations écologistes, ce n'est pas les retours que j'en ai eu et les exclure du droit de recours n'est pas une invitation à participer au jeu politique, comme vous l'écrivez, ne croyez-vous pas?
Passez une bonne soirée, je regagne mes pénates, revigoré par nos échanges (ceci est une boutade, à défaut d'être une pipe)
Ecrit par : Lucide | 12.08.2008
"Ceci est une boutade à défaut d'être une pipe"
C'est très bien d'être Lucide!
Mais que veut dire la phrase ci-dessus? Une référence à Magritte: "Ceci n'est pas une pipe"? Une contrepétrie tronquée qui pourrait donner ceci: "La boutade ou la farce de la bouffarde ou la tasse."? ... Ou autre chose encore?
Ecrit par : Père Siffleur | 13.08.2008
Amusant que vous ne releviez que cet aspect de mes commentaires.
Outre la référence à Magritte, qui n'est là que pour appuyer le fait que c'est effectivement une boutade, c'est une manière d'amener que, malgré les quelques échauffourées de nos échanges, j'espère que nous soyons capables de plaisanter ensemble, ce qui est une des plus belles des civilités, sans pour autant sombrer dans une familiarité que nous ne partageons pas.
Ecrit par : Lucide | 13.08.2008
Madame ou Monsieur Lucide,
... "familiarité", "échauffourées des échanges"! Mais où avez vous lu tout cela?
Autant que je puisse m'en souvenir (c'est vrai qu'à mon âge la mémoire ...), c'est la première fois que j'écris un commentaire suite à un de vos mots. Quand à sombrer dans la familiarité non partagée... Désolé si mon "mot" au sujet de "Lucide" vous a semblé famillier.
Maintenant: ne vous êtes vous pas trompé de "cible" ?
Avec mes "plaisantes" salutations.
Ecrit par : Père Siffleur | 15.08.2008
Il me semble évident que je parlais de mes échanges avec Monsieur Nantermod...
Ecrit par : Lucide | 15.08.2008
Madame ou Monsieur Lucide,
Vous écrivez:
"Il me semble évident que je parlais de mes échanges avec Monsieur Nantermod..".
Pourtant dans vos échanges avec ce Monsieur, vous relevez un "trait" d'un de mes commentaires, à savoir la référence à "Magritte" que je suis seul à avoir mentionné suite à votre propre commentaire qui disait:
"Ceci est une boutade à défaut d'être une pipe".
Mais, restons lucides: même s'il vous semble évident que vous parliez de vos échanges avec Monsieur Nantermod, votre semblant d'évidence s'amenuise légèrement à l'analyse des commentaires.
Avec mes "évidentes" salutations.
Ecrit par : Père Siffleur | 18.08.2008
Cher Père Siffleur,
Vous portez bien votre surnom.
Il est intéressant de maîtriser quelques règles de grammaire et un rudiment d'orthographe, c'est utile pour s'exprimer, plutôt que de grogner. Encore faut-il avoir quelque chose à dire.
Revenez au débat, svp.
Ecrit par : Lucide | 19.08.2008
Chère Lucide,
si l'on excepte le fait que votre distinction entre biens et produits relève d'un pur amphigourisme, je ne vois au monde pas sur quoi vous vous basez pour prétendre que PN se prend pour le messie.
Il explique et défend son point de vue dans un discours ma foi fort bien tourné.
Un discours politique, comme son nom l'indique, est politique, c'est à dire qu'il n'a pas le souci de l'impartialité mais celui de la conviction.Je crois que je ne dis rien de choquant. Ce n'est pas une lecture académique, mais une tribune, une harangue.
Par ailleurs, PN a raison de rappeler qu'il n'y a aucune honte à défendre en politique un domaine qui nous est cher.
Je tiens aussi à vous dire que l'argument du complot est l'argument du faible, de celui qui a peur du monde qui l'entoure. J'ose espérer ne pas devoir vous compter parmi ces gens. Votre description de Philippe fomentant en ricanant quelque méchante action activant des réseaux prétendumment honteux me fait m'esclaffer. Un peu de sérieux, je vous prie. SI vous voulez défendre cette abération qu'est le droit de recours des association, évitez les attaques personnelles.
Bien à vous
Blaise
Ecrit par : Blaise | 21.08.2008
Cher Blaise,
Avoir un avis dans un débat contradictoire, c'est bien, l'argumenter, c'est nécessaire.
Si vous considérez que ma distinction relève de l'amphigouri, veuillez nous faire part de votre argumentation et ne pas en rester à une pure considération personnelle et subjective.
Pour étayer votre réflexion à ce sujet:
http://europa.eu/scadplus/leg/fr/lvb/i23002.htm
Concernant le rôle d'un discours politique:
Je mettais le doigt sur ce qui me semble être une déviance et un défaut grave de la politique institutionnelle comme nous la vivons aujourd'hui: les groupements politiques fonctionnent la plupart du temps en caste fermée, alimentent des guerres de clochers et défendent des intérêts très fermés. Je constatais que beaucoup de personnes s'éloignent de cette vision de la politique et ne s'y reconnaissent pas.
Passer de l'impartialité à la conviction, comme vous l'écrivez, serait-ce passer de l'équité au populisme? de la sagesse à la défense d'intérêts? Je vote alors pour le pragmatisme et pour la faculté de s'adapter, d'innover, d'entreprendre des formes nouvelles de rapports humains.
La plus grande intelligence humaine est certainement l'intelligence adaptative; s'insérer dans une caste et son dogme, ce n'est certes pas très entreprenant et frais.
Concernant l'argument du complot...Là je ne vois pas auquel de mes commentaires vous faîtes référence, à vous de m'éclairer.
Ecrit par : Lucide | 25.08.2008
Balaise le nain thermo.
Dis voir, comment tu fais ? c'est papa qui corrige ?
Ecrit par : Abamo | 01.04.2009
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