04.11.2007

Adhérons. Vite, très vite.

Le Conseil fédéral veut introduire le fameux principe du Cassis de Dijon. En bon libéral, je ne peux qu’approuver : reconnaître unilatéralement l’ensemble des produits européens sans leur soumettre de restrictions liées à des normes, à quelques exceptions près. Cette décision revient à reconnaître que le droit européen s’applique en Suisse sans même passer par la case Assemblée fédéral, cette chambre d’enregistrement des décisions de Strasbourg.

Oui, le Cassis de Dijon provoquera une pression à la baisse sur les prix à la consommation. Le citoyen devrait en tirer d’immenses avantages. Quelques entreprises helvétiques exportatrices y trouveront des défauts, mais je ne doute pas que des aménagements sauront être trouvés pour adoucir la mesure.

Le gros problème de ce fameux principe, c’est l’asservissement qu’il provoque. La perte de notre indépendance. Il montre que plus nous restons en dehors de l’Europe, plus nous en devenons le satellite.

Chers compatriotes, réveillez-vous ! Ceux qui vous disent que l’Europe, c’est la fin de notre tradition démocratique, la fin de nos institutions ou la fin de notre indépendance se moquent de vous. Ce sont des menteurs – ou des idiots.

Nous perdons notre indépendance quand nous devons appliquer le dictat de Bruxelles. C’est exactement ce qui nous arrive depuis 1992. Depuis que nous devons trouver des emplâtres pour nos jambes de bois, depuis que nous avons décidé que, finalement, il valait mieux obéir que de décider.

Cette expression, souvent reprise du dictat de Bruxelles, correspond assez bien à la situation actuelle. Nous allons sans doute devoir faire des concessions sur la question fiscale. Nous abandonnons pratiquement notre pouvoir réglementaire en matière économique avec le Cassis de Dijon. Si nous étions membres ? Nous aurions 14 élus sur 750 au Parlement européen, un sur 28 au Conseil de ministres, et un sur 28 à la Commission. C’est à peu près le poids de Schwitz dans la Confédération. Même si ce n’est pas énorme, je n’ai pas souvent entendu parler du canton primitif comme un canton asservi et qui avait perdu sa souveraineté.

Bref, tout ça pour dire, adhérons. Vite, ça presse, avant que toutes les décisions importantes n’aient été prises.

Commentaires

Pour ça, il faut rapidement trouver un charter pour y mettre tout ce qu'on y trouve de Blochérien dans ce pays :-)

Ecrit par : Luner | 04.11.2007

N'importe quoi. Le principe du Cassis de Dijon a été introduit volontairement par le Conseil fédéral et n'est pas venu d'une pression de Bruxelles. Il s'agit d'une remise volontaire de souveraineté. C'est débile, mais les menteurs ne sont pas du côté annoncé...
Quant au Canton de Schwytz, rappelez-moi quelles influences exactes il a sur la politique fédérale ? Et comment peut-on comparer aussi brièvement et sans aucun élément le système fédéralistes suisse et le système centralisateur européen. Vous, libéral ? Une blague...

Ecrit par : Niolu | 06.11.2007

Permettez-moi de répondre à votre commentaire. Je n'ai jamais dit que le Cassis de Dijon était le fruit de pressions européennes. Simplement, les Suisse comprennent assez mal pourquoi les prix son 30 à 40% plus chers ici qu'ailleurs.

A propos de l'influence de Schwytz en Suisse, tout dépend de la qualité de ses élus. Regardez Appenzell qui a eu plus d'élus que le canton de Vaud ces dix dernières années. C'est le principe démocratique.

Sur quoi vous fondez-vous pour parler d'un système européen centralisateur ? Regardez les institutions européennes, à s'y méprendre, on dirait les institutions fédérales: 2 chambres (une au prorata de la population, une autre sénatoriale), un "gouvernement", la commission, élue par les deux chambres, un processus de co-décision, le principe de consensus, etc. Ca me parait très Suisse comme système, non ?

Ecrit par : Philippe Nantermod | 06.11.2007

Votre réponse est intéressante. La chèreté des coûts des biens de consommation en Suisse peut s'expliquer de toutes sortes de manières. Il en est une qui, dans le cadre du Cassis de Dijon, est intéressante, et vous le mentionnez vous-même: ce sont les obligations et normes (sécurité, qualité, écologie etc.) imposées en Suisse, fréquemment supérieures à l'Europe. La Suisse est reine en matière de cavalier seul sur des normes renchérissant les produits. Autoriser l'importation sans contrôle, aux normes européennes, et contraindre les fournisseurs locaux du même produit à d'autres normes conduit à une distorsion de la concurrence. C'est plus maso que libéral, non ? Quant au système européen, il devrait effrayer un libéral: 24000 fonctionnaires au service de la seule Commission européenne... Il faut bien qu'ils s'occupent, donc qu'ils centralisent, étatisent. Deux exemples d'actions conduites par la Commission: "Etude sur les pratiques et les besoins de l'industrie audiovisuelle européenne en matière de doublage et de sous-titrage" (un travail indispensable à la bonne gouvernance de l'Europe !) et "Pour une Europe en bonne santé à tout âge"... avec comme champ d'action autant les migrations, les inégalités, la mobilité que le terrorisme, la mondialisation, et le changement climatique... Sacrée Europe fédéraliste et libérale... Personnellement, ça me donne des frissons.

Ecrit par : Niolu | 06.11.2007

Le Cassis de Dijon s'impose à terme pour niveler nos normes à celles de l'Europe. C'est tout. Une fois le Cassis accpeté, nous allons rabotter pour notre industrie nos normes. Une fois de plus, on appliquera la législation européenne sans avoir eu notre mot à dire dessus.

Je ne suis pas un fanatique de la fonction publique, mais le chiffre de 24'000 fonctionnaires ne m'effraie pas. Vous parlez de "la seule commission." C'est un peu commme si vous parliez des fonctionnaires de la seule administration. Ben oui, c'est l'ordre exécutif et administratif, la commission. Il reste quoi ? Les services du parlement, les cours de justices, c'est à peu près tout. 24'000 pour la taille de l'Europe, ça ne me paraît pas énorme. A titre de comparaison, il y a 5 millions de fonctionnaires en France. Je n'ai pas le chiffre pour la Suisse, il est certes plus faible, mais ne doit pas être nul non plus.
Quant à vos rapports tirés par les cheveux, il y a sans doute des âneries. A Berne aussi, et même à Sion, rassurez-vous.

Si vous lisez mon texte plus haut, je ne dis nul part que l'Europe est parfaite. Je dis simplement qu'aujourd'hui, nous appliquons tout ce qui se fait en Europe, par la force des choses et que nous perdons notre indépendance à voulaire rester en dehors de l'UE. Le Cassis de Dijon n'en est qu'un signe supplémentaire.

Je crois que la voie bilatérale est bien pire que la voie de l'adhésion. Que perdrions-nous de plus en étant membre sans l'euro ? J'aimerais bien savoir... On paie déjà, on applique déjà, on commerce déjà, on utilise déjà la libre circulation. La seule différence ? On décide pas.

Ecrit par : Philippe Nantermod | 06.11.2007

Tiens Philippe, je connais assez bien certains aspects du droit suisse, et je peux te dire que nous nous dirigeons de plus en plus vers du copié-collé de l'UE. Premier exemple: la législation sur les produits chimiques. On se contente de dire que nous utilisons les tests européens pour la classification avec les pictogrammes européens. Autre exemple: en allant à Bali en décembre, la Suisse a dit: "nos objectifs climatiques sont ceux de l'UE" avant de les connaître! LOL

Voilà, maintenant le Cassis de Dijon, c'est pareil: les normes européennes sont bonnes pour nous. Bientôt ce sera pour la règlementation télévisuelle, puis routière, et finalement c'est exactement ce que tu dis: il vaut mieux obéir que co-décider. L'autruche a la tête dans le sable et ça n'a pas empêché de passer le lasso autour de son cou... ^^

A ce rythme, on parlera un jour de l'adhésion comme d'une libération.
Bonne année!

Ecrit par : Vincent Rossi | 04.01.2008

Bravo! Nous devons vraiment adhérer, c'est dans l'intérêt national! Les opposants à l'adhésion participent à l'affaiblissement de notre démocratie!

Ecrit par : David | 28.11.2009

C'est bien embêtant maintenant que la construction des minarets sera INTERDITE en Suisse......Même Marseille jubile pour nous, selon un téléphone de mes amis!

D'autant plus que Doris aujourd'hui dévoile les mensonges du CF, notamment lors des propagandes sur les sujets de l'EU. Les menteurs sont dévoilés.

La vérité, la réalité, c'est l'UDC!

Dieu que le soleil sur le sigle de l'UDC brille bien aujourd'hui!

Ecrit par : Corélande | 29.11.2009

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